Comment est-ce que j’ai organisé mon Iron Butt ? Vous avez été plusieurs à me poser la question et je me suis dit que ce serait plus simple de vous répondre avec un article ! Quel matos j’ai emporté, la façon dont j’ai organisé ma journée et comment tuer l’ennui sont les questions qui reviennent le plus. Je vais essayer de vous apporter la réponse la plus complète possible.

La logistique

La première question que tout le monde me pose lorsque j’achève ce Iron Butt c’est évidemment  « et alors, t’as mal au cul ? ».

Je sais que beaucoup ne voudront pas me croire. Et pourtant… même après 1643 km dans la journée je n’ai pas du tout mal à mes petites fesses. Mon secret : le coussin Wild Ass. Lorsque je descends de la moto après une journée non-stop j’ai les jambes un peu raides et les mollets engourdis mais tout le reste va bien. Je savais déjà que ce coussin était efficace mais je ne m’attendais vraiment pas à ce qu’il le soit autant. Comme je l’ai déjà écrit ici, le coussin Wild Ass n’apporte pas une sensation de confort exceptionnelle quand on s’assoit dessus mais il révèle son véritable intérêt lorsqu’on descend de selle après une très longue journée et qu’on s’aperçoit que tout va bien.

Depuis un an j’ai reçu pas mal de question sur Wild Ass et je sais que beaucoup ont un a priori négatif. Le coussin d’air déstabiliserait le pilote, serait trop dur et rajouterait une épaisseur supplémentaire dangereuse pour les moins grands. Après avoir décortiqué mon Wild Ass dans tous les sens et avalé plusieurs dizaines de milliers de kilomètres avec je peux vous dire que je ne partage absolument pas ces avis ! Le coussin est douloureux et inconfortable seulement lorsqu’il est mal gonflé. Ca vaut vraiment le coup de prendre 5 minutes pour trouver le bon réglage.

Pour la deuxième année consécutive je fais confiance à mon coussin de selle Wild Ass, qui ne quitte plus ma moto. J’utilise le modèle Sport dans sa version polyuréthane+gel. Pour retrouver mon compte-rendu détaillé je vous invite à (re)lire mon maxi-test de 9000km.

Arrivant en deuxième position de mes indispensables à moto, je vous présente les protections auditives Alpine. Qui n’a jamais senti un petit « buzz » dans ses oreilles après des heures et des heures de balade ? On sous-estime souvent l’impact du bruit sur la fatigue. Après plusieurs années j’ai fini par constater que c’est le bruit qui m’épuise le plus lorsque je roule longtemps et j’ai opté pour les protections Alpine il y a un an.

Même les casques les mieux insonorisés ne sont pas suffisamment silencieux et si on roule beaucoup on s’expose à des dégâts irréversibles.

Les noires coupent seulement les fréquences correspondant au bruit du vent, ce qui est parfait pour conduire sans être coupé du monde extérieur. On peut continuer à utiliser son intercom et à discuter normalement après un court temps d’adaptation.

Les rouges réduisent toutes les fréquences et sont a priori destinées à la piste. Pour ma part je ne les utilise que lorsque je dors en bivouac. Ou avec un groupe de copains pour ne pas être réveillé par le ronfleur de service (qui est souvent moi, d’ailleurs).

Investir dans un intercom a été le meilleur choix que j’ai fait de toute ma vie de motard. Il m’est impossible de conduire sans musique.

Mon choix s’est porté sur un Scala Rider Q1 il y a 4 ans. Il vieillit mais sa batterie tient toujours pour l’instant. C’était le modèle le plus basique de Cardo et ça me convient très bien. J’ai seulement changé les écouteurs pour y mettre ceux qui sont destinés aux modèles hauts de gamme de la marque, qui délivrent un son de meilleure qualité.

Pour ne jamais être à court de batterie j’utilise deux intercom. Il y en a toujours un qui charge pendant que l’autre est vissé sur mon casque.

Pour réaliser mon Iron Butt j’ai appliqué une discipline très stricte. Les seuls arrêts prévus étaient soit pour faire une photo, soit pour mettre de l’essence. J’ai donc tiré sur mes pleins jusqu’au maximum pour optimiser le plus possible mes arrêts.

Soyons honnête, même dans les coins reculés ce sont pas les stations qui manquent, mais le risque était de tomber sur une station fermée ou en rupture de stock et de ne plus pouvoir avancer car je serais à court d’essence. J’ai alors embarqué un jerrycan souple Desert Fox et 6L litres d’essence par sécurité.

Le bonhomme

Je sais que je risque encore de vous surprendre car vous devez avoir l’habitude de me voir partir à l’arrache sans rien planifier. Et bien pour le Iron Butt c’est tout l’inverse. Chaque pause se calcule, tout comme les repas et l’hydration.

J’ai opté pour un repos forcé la semaine précédant le départ. Le jour du Iron Butt je prévois des repas légers, rapides à avaler et faciles à digérer à base de céréales et de fibres, avec des protéines végétales. Pas de viande, pas de gras, pas de sucre, encore moins d’alcool, beaucoup d’eau et une dose raisonnable de caféine car ça déshydrate.

Toute cette préparation a porté ses fruits car tout s’est extrêmement bien passé. Si je devais changer quelque chose j’aurais emporté 1 litre d’eau en plus et je serais parti plus tôt pour ne pas finir de nuit.

Quelques conseils

Si vous décidez de vous lancer et de faire un des défis Iron Butt, voici quelques conseils.

  1. Partir seul ou avec une personne que vous connaissez par cœur et avec qui vous avez l’habitude de rouler. L’effet de groupe peut faire prendre des risques que l’on n’aurait jamais pris seul, comme ne pas oser s’arrêter pour faire une pause alors que la fatigue arrive…
  2. Toujours garder en tête que l’on peut arrêter à tout moment. C’est un conseil schizophrène car faut quand même avoir un mental à l’image de son cul d’acier pour se lancer dans un Iron Butt. Mais il ne faut pas se forcer. Rouler 1610 kilomètres en 24 heures ce n’est pas rien et ça peut être dangereux de forcer si on ne se sent pas en forme finalement.
  3. Se mettre à l’aise ! Vous allez passer une journée entière sur votre moto. Prévoyez vos repas, de l’eau, de la musique… J’aurais aimé avoir un casque modulable pour pouvoir grignoter en conduisant.
  4. Installez Waze… Vraiment.

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