« Prendre le temps en roadtrip ». Si vous avez l’habitude de trainer par ici vous devez vous dire que c’est un message codé et que j’essaye de vous faire comprendre que j’ai été kidnappé. Pas du tout.

Cette année je décide de transformer le traditionnel pont du 15 août en vrai viaduc. Je prends la semaine entière et je mets cap au sud pour faire une petite boucle au départ de Bordeaux. Pour la deuxième fois de l’année je traverse les Landes en direction du Pays-Basque mais cette fois j’ai pour projet de traverser pour voir ce qu’il y a de l’autre côté chez nos cousins espagnols.

Habituellement je serais parti à l’aube et j’aurais tracé sans m’arrêter avant de devoir faire le plein. Le Versys, que je découvre à peine en réalité, a en plus le bon goût de consommer beaucoup moins d’essence que le V-Strom. Mais ce n’est pas exactement comme ça que les choses vont se dérouler.

Je ne choisis pas le rythme car je me laisse porter. Toutes mes habitudes sont chamboulées. Je fais des petites étapes, de vraies pauses repas, des arrêts fréquents et même une sieste le long d’un petit ruisseau au milieu des montagnes…

Qu’est-ce qu’on peut bien faire de tout ce temps quand on voyage en moto mais qu’on ne roule pas ? Rien du tout. Et c’est là tout l’intérêt. Les vieilles habitudes sont tenaces mais ce changement est extrêmement plaisant finalement.

Si vous êtes en train de vous dire « ce mec vient de découvrir l’eau chaude et il nous pond un roman là-dessus » vous avez totalement raison. J’ai la sensation de lever le nez du guidon pour la première fois et de découvrir une nouvelle façon de voyager alors que c’est un mode de fonctionnement normal pour la grande majorité des gens.

Les kilomètres défilent rapidement mais avec parcimonie, ce qui leur confère une vraie valeur toute particulière.

Entre Bordeaux et le Pays-Basque il n’y a pas grand chose à dire. Les routes sont droites et les arbres sont verts mais le plaisir de traverser des petits villages sympa compense le reste.

La première claque du voyage arrive dès le premier soir. Le bivouac en haut d’une tour radio dans les hauteurs d’Irouléguy près de Saint Jean Pied de Port nous offre une vue absolument splendide sur les Pyrénées et un coucher de soleil somptueux. Avec l’expérience j’ai appris bien calculer la façon dont j’installe mon campement. Mon petit plaisir du matin est d’ouvrir la tente et d’avoir une vue directe sur les motos avec un paysage de carte postale en arrière plan…

J’ai souvent entendu parler de l’Espagne à moto mais les avis sont souvent contradictoires. C’est la première fois que j’y pose seulement deux roues et je comprends enfin. Les routes espagnoles sont soit scandaleuses et dignes d’un circuit en accès libre (comme la N-135 lorsqu’on arrive en Espagne, ou la NA-5310 et la NA-5311 entre San Martin de Unx et Carcastillo), soit pourries au point de vous ruiner le moral pour la journée (comme les routes que nous avons emprunté entre Huesca et Graus).

Le point de passage phare de cette petite escapade est bien évidemment le célèbre Désert des Bardenas. J’ai plutôt tendance à être fier de dire que je fuis les endroits trop touristiques mais on en parle tellement que je devais voir par moi-même. Ne serai-ce que pour être en mesure d’avoir un véritable avis sur la question.

Et bien j’ai adoré ! Les paysages désertiques à perte de vue, ces formations rocheuses si particulières et l’ambiance créée par la lumière du crépuscule m’ont totalement fasciné. Lorsque nous arrivons dans les Bardenas il n’y a personne et j’ai vite l’impression de rouler au milieu d’un décor de vieux western.

Sans le vouloir vu que rien n’est préparé à l’avance (pour respecter au moins une de mes habitudes), nous n’accédons donc pas aux Bardenas par la route principale côté Tudela mais pas une piste débouchant sur la route entre Carcastillo et Alera. Cette piste est un peu moins roulante que le reste mais demeure très praticable.

Dans le communauté des puristes du trail j’entends constamment dire que la piste qui fait le tour des Bardenas n’est pas une vraie piste et que c’est le Disneyland de la moto. L’impression que ça me donne c’est qu’il serait un peu honteux de dire qu’on apprécie être allé rouler dans les Bardenas. Non ce n’est pas une piste comme ce qu’on trouve en randonnée tout terrain, c’est simplement une route non goudronnée et elle est accessible à tout le monde. Je concèderais sans problème que sortir du bitume pour la première fois peut être perturbant mais il suffit de franchir le cap et de garder en tête que le freinage ne pourra pas être le même que sur bitume…

Les Bardenas ne doivent pas être une destination finale à mon sens mais ce désert peut être une étape vraiment sympa au sein d’une boucle plus large. Choisissez bien le moment de la journée où vous y allez et profitez. Même si c’est sans doute une zone touristique un peu surcotée je pense que les Bardenas resteront une destination toute particulière à mes yeux…


Roadbook :

Jour 1 : Bordeaux – Irouléguy
Jour 2 : Irouléguy – Désert des Bardenas – Tudela / routes marquantes : N-135 de la frontière jusqu’à Pampelune, NA-5310 et NA-5311 entre San Martin de Unx et Carcastillo
Jour 3 : Tudela – Graus / ne suivez pas mon roadbook pour Huesca et Graus, la route est défoncée c’est insupportable
Jour 4 : Graus – Bartrès / routes marquantes : A-138 entre Bielsa et la frontière, D173 en descente après la frontière, col d’Aspin et col du Tourmalet
Jour 5 : Bartrès – Bordeaux

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1 commentaire sur “ Prendre le temps en roadtrip – cap sur les Bardenas ”

  1. Je suis un lecteur silencieux depuis longtemps et je voulais simplement vous encourager à continuer. J’adore vraiment vos articles.

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