Deuxième jour de voyage : direction Berlin pour 4 jours de n’importe quoi avec mes potes!

Samedi matin, départ de Marbourg vers 9h et Louis me fait l’immense plaisir de m’accompagner pour les premiers kilomètres. Le double-Akra de sa KTM Adventure éclipse totalement le son de mon moteur asthmatique et chacune de ses accélérations est une claque pour mon tracteur. Pour couronner le tout, la Katoche a une vraie tronche d’aventurière… Un peu jaloux? Moi, jamais…
Avant de se séparer, on prend le temps de faire quelques photos pour immortaliser le souvenir de ma première étape qui n’aurait vraiment pas pu être meilleure!

Pour faire un grand bond en avant et avoir le temps de profiter des routes de campagne, j’emprunte un bout d’autoroute. Mais jusque là je n’avais pas vraiment fait attention : il n’y a pas autant de stations services qu’en France! Je frôle la catastrophe quand le voyant de la réserve clignote depuis 10 minutes… et qu’un panneau m’annonce que la prochaine station se trouve à 85 km! Obligé de sortir de l’autoroute pour partir à la recherche d’une pompe.
Ce détour me fait perdre un temps précieux, ce qui m’obligera à faire une croix sur mon crochet par Potsdam mais je fais le bon choix : il me reste moins de 2 litres d’essence quand je fais enfin le plein. Cette journée a failli devenir bien merdique

IMG_2513De retour sur l’autoroute je me perds dans mes pensées, et rate ma sortie. Demi-tour. 2ème clic pour le compteurA ce moment-là j’attaque une partie un peu technique de mon road-book avec une série de bifurcations en ville. Et je les rate absolument toutes! Je réussis miraculeusement à rattraper la bonne route sans me perdre mais j’avance sans trop de conviction, guidé uniquement par la mauvaise foi et l’orgueil… Je traverse des villages que je n’ai pas notés sur le roadbook mais pourtant je suis encore sur cette foutue route B4. Est-ce que j’ai dépassé l’endroit où je devais tourner pour arriver en forêt?
Je ravale ma fierté et je sors la carte routière. Énorme soulagement : je n’ai pas dévié de mon itinéraire! En me voyant chercher ma route, un habitant du coin vient m’offrir son aide et je suis tellement heureux de ne pas m’être perdu que je n’hésite pas à inventer un nouveau dialecte de la langue des signes pour lui faire comprendre que tout va bien! Ça doit pas ressembler à grand chose, mais ça a l’air de beaucoup l’amuser en tout cas…

J’attaque enfin la fameuse portion de forêt dans le Naturpark Südharz qui sera la petite surprise de la journée! Je m’attendais à traverser seulement un petit bois sympa, mais c’est bien plus que ça! C’est le dépaysement total sur même pas 30km. On se croirait en montagne avec tous ces virages sympa qui suivent le cour d’un petit ruisseau, au milieu de pins gigantesques, avant de grimper et de former quelques épingles.
Le reste du trajet me fait traverser la campagne allemande, et enjamber l’Elbe à plusieurs reprises. Je profite des paysages qui défilent et du soleil, avec une petite musique sympa dans le casque. C’est un moment simple et agréable, même si le tracé de la route n’a rien d’excitant.

IMG_2530L’heure commence à tourner et je décide donc de sacrifier le détour par Potsdam pour ne pas arriver trop tard à Berlin, et ne pas rater la soirée d’anniversaire d’Hugo! Et c’était vraiment le bon choix parce que même en me pressant j’arrive seulement à 17h30. En roulant sur le périph’ berlinois, je n’en reviens pas : aucun bouchon, pas de fous du volant, et même pas un papier par terre.

Avant d’arriver, je me perds pour la seconde fois de la journée en confondant deux panneaux. 3ème clic. Le road-book montre ses limites dès qu’il s’agit de s’orienter dans une grande ville… Finalement je m’aperçois que j’ai échoué à deux rues de la destination. Pas si mal en fin de compte.

Une fois mon costume de motard enlevé, j’ai l’impression que les 4 jours à Berlin passent à la vitesse de la lumière entre les bars, la bouffe végétarienne pour contrer les effets de la gueule de bois, les grandes balades à vélo, et les clubs où je n’ai finalement jamais réussi à entrer…
Le mardi matin je profite d’être réveillé avant tout le monde pour faire un tour à moto dans Berlin. Au hasard d’une bifurcation, j’atterris dans un parking aérien totalement désert avec des carcasses de voitures désossées… Je profite de ce décor de fin du monde pour faire quelques photos mais je m’attarde pas! Je tourne pendant deux bonnes heures en faisant le touriste et quelques photos, et je réalise que Berlin n’est pas du tout moto-friendly! Je croise très peu de moto et personne ne roule entre les files. Ils respectent les feux orange et tout. Ça déconne pas!  Vu qu’il n’y a pas ni bouchon, ni interfile, que le métro est bien organisé et qu’on peut facilement rouler en vélo, je pense que la moto ne peut pas avoir la même place à Berlin qu’à Paris.

Berlin est une ville vraiment géniale : hyperactive mais détendue et avant-gardiste sur une tonne de sujets, tout en vivant en osmose avec son histoire encore figée à de nombreux endroits. J’ai pu faire du vélo sur les pistes de l’aéroport Tempelhof, désaffecté et reconverti en parc, qui est pour moi l’illustration parfaite permettant de comprendre pourquoi Berlin flirte avec la coolitude absolue. Sans parler des biergarten (les bars de plein air), et l’ambiance de malade qu’il y a le 1er mai… Cerise sur le gâteau : tout coûte beaucoup moins cher qu’à Paris.
Jusqu’à présent j’étais incapable de dire quelle était ma ville européenne préférée. Mon coeur balançait entre Edimbourg, Dublin, et Berlin, mais après ces quelques jours Berlin passe en tête du classement!

5 commentaires sur “ Roadtrip en Inde : de Chennai à Goa avec Tiger Roads ”

  1. Super ton article copain de voyage !! J’ai adoré le lire ! J’espère te recroiser sur la route avec plus d’expérience et une bécane (ça serait mieux quand même haha)

  2. Super Voyage ! Et je découvre ton blog merci pour les partages.

    Une petite question tu dis qu’il y avait une famille avec enfants ? Chaque parent une moto et les enfants en passagers ou alors un side car ?

  3. Merci pour cette histoire partagée, ce bout bout de vie, pour ce texte drôle et vivant !
    Bonne continuation
    Christophe

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

dix-sept − 11 =