Terre Propice, le voyage de Luc Cotterelle

Terre Propice, c’est le nom de code du voyage de Luc Cotterelle. Ouais, parce qu’un voyage aussi classe a besoin d’un nom du même calibre. Deux ans et demi et 93 000 km en Afrique, rien que ça ouais. Et ce film m’a tellement touché que j’inaugure tout spécialement une nouvelle catégorie d’articles pour partager ça avec vous.

La première fois que j’ai entendu parler du film Terre Propice je dois avouer que j’ai eu une réaction un peu blasée digne d’un gamin de la génération internet pourri gâté, gavé d’images et d’histoires toutes plus fantastiques les unes que les autres. “Encore un mec en GS qui a fait un voyage de malade…” À force de se faire matraquer le cerveau avec des choses exceptionnelles, ça finit par devenir la nouvelle norme et plus grand chose ne nous surprend. Pas la peine de se chercher de fausses excuses, on est beaucoup à réagir comme ça.

Sauf que je ne pouvais pas être plus dans l’erreur. Le voyage de Luc Cotterelle est certainement une des plus belles histoires de ces dernières années ! Et je pense qu’on peut tous s’y reconnaître un peu…

Il se sentait à l’étroit dans sa vie de tous les jours et dans son boulot aux habitudes bien réglées, épuisé par notre mode de vie de pays soit-disant développé. Alors Luc, tu vois, il a sauté sur sa moto pour traverser l’Afrique jusqu’à Cap Town. Deux ans et demi de balade sur les pistes défoncées d’Afrique, à la rencontre des autres et de lui-même. 8 mois de descente par l’ouest, et 1 an et demi de trajet retour en retardant le plus possible l’inévitable retour à la maison.

Des galères, il en a eu évidemment. Il a chopé le paludisme, il a été jeté en prison des flics corrompus, il a chuté un nombre incalculable de fois… Autant de raisons qui auraient pu mettre un terme à son voyage. Mais Luc est toujours allé de l’avant, prouvant que le voyage est avant tout un dépassement de soi pour aller à la rencontre des autres.

Je me suis finalement penché sur Terre Propice parce qu’il faisait partie de la sélection de films en de voyage en compétition dans le cadre du Alpes Aventure Motofestival, et j’étais dans le jury. J’ai rencontré Luc Cotterelle à Barcelonnette et on a un petit peu discuté. C’est un mec attachant dont la gentillesse est seulement égalée par sa timidité. Mon seul regret est de ne pas m’être penché sur son aventure plus tôt.

Luc Cotterelle a fait un film avec son voyage et pas l’inverse. C’est un petit détail mais ça fait toute la différence. Du coup son film transpire l’authenticité ! Les coutures dépassent un peu, c’est pas toujours très très bien filmé, mais Luc Cotterelle réussit vraiment à nous faire voyager avec lui. Tellement qu’on s’y croirait. Quand Luc s’enlise sur les pistes du Niger on pousse avec lui, et quand il arrache la moitié de sa moto sur une souche au Gabon on partage toute sa douleur.

Mais ce qui m’a le plus frappé c’est que Luc Cotterelle ne parle quasiment pas de lui et on ne le voit presque pas à l’image. L’histoire du film s’écrit presque toute seule au gré des rencontres limite providentielles. Chaque portrait est marquant à sa façon, et le sourire de tous ces gamins est le véritable fil rouge du voyage. La moto est un extraordinaire accélérateur de rencontres quand il est utilisé comme un outil, et pas comme l’avatar d’un narcissisme prétentieux.

Terre Propice a complètement bousculé ma façon de voir le voyage. Faut-il aller dans la performance, dans la rencontre, ou trouver une nouvelle façon de raconter les choses ? Aucune idée. Tout ce que je sais c’est que j’ai des fourmies dans les pneus et une envie folle de reprendre la route, d’une façon différente de ce que j’ai fait jusqu’à présent.


Le film Terre Propice, c’est par ici que ça se passe : site officiel

La bande annonce :

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