Route des Grandes Alpes

Chasse au Soleil #4 : la Route des Grandes Alpes

En partant du Lac de Serre-Ponçon, le matin du 7 juin, je réalise enfin un de mes vieux rêves en empruntant la Route des Grandes Alpes. Nous redescendons tranquillement jusqu’à Nice, où le bateau qui doit nous emmener à Bastia nous attend.

La Route des Grandes Alpes

Col de la Cayolle

On a tous une liste de choses qu’on veut absolument faire, mais qu’on ne fait pas parce qu’on se dit qu’on prendra le temps de le faire plus tard. La Route des Grandes Alpes faisait partie de ma liste. Je te laisse donc imaginer ma joie quand je me suis aperçu qu’on pouvait rattraper une petite portion à Barcelonnette !

En grimpant jusqu’au Col de la Cayolle, je commence à comprendre pourquoi la Route des Grandes Alpes a été élue meilleure route moto d’Europe par certains magasines. Ça commence par des gorges qui te font sentir minuscule, avec des cascades magnifiques. Plus on monte et plus le paysage change. Le sommet a carrément des airs de terre brûlée. On croise pas mal de marmottes aussi, qui prennent malheureusement la fuite au moindre bruit. Dommage, je me serais bien fait du pâté de marmotte bio élevée au grand air. Ca doit être pas mal…

L’ascension du col de la Cayolle est particulièrement magique. Et mon sens de l’humour complètement pourri adore ! Durant toute l’ascension je ne cesserai de chercher une blague pourrie à faire avec « Col de la Cagolle ». Mais bizarrement je n’ai rien trouvé de très malin, donc je m’abstiens…

Au sommet du Col de la Cayolle

Vous reprendrez bien un peu de pluie ?

Après être redescendus du Col de la Cayolle, nous nous arrêtons à Guillaumes pour la pause déjeuner. Juste le temps de se faire rattraper par un énième orage de montagne bien énervé. On a envie de se dire que ce n’est qu’une grosse averse, mais rien à faire l’orage ne passe pas.

Pas le choix, il faut impérativement qu’on descende jusqu’à Nice donc nous nous résignons à enfiler nos combis de pluie. Et c’est parti ! Nous voilà en mode aqua-moto, sexy comme jamais et chargés comme des mules. On descend doucement les petites routes à virage… Comme quoi le plaisir est relatif à moto. J’ai beau adorer les virages de montagne et penser que la pluie c’est surtout dans la tête, là je suis un peu tendu comme un string !

Les paysages complètement dingues et les 17 tunnels creusés dans la roche de la D2202 m’aident à me détendre petit à petit. Lorsque je commence enfin à me sentir à l’aise la pluie finit par s’arrêter. Nous rattrapons la D6202, encastrée au fond de la vallée du Var. La montagne nous domine de chaque côté mais la route est large et très roulante. Mon cerveau reçoit donc plein de signaux contradictoires : je me sens à la fois minuscule et tout puissant, comme si la route m’appartenait. C’est une sensation vraiment étrange.

Sur la Route des Grandes Alpes

Arrivée à Nice aux heures de pointe

Nous voilà arrivés à Nice. Il est déjà temps de dire au revoir à Lucas, que nous quittons malheureusement plus tôt que prévu à cause de tous les changements de plan de ces derniers jours. Lucas va continuer sa route vers Toulon, et remonter tranquillement jusqu’à Paris en passant par l’Auvergne en deux ou trois jours. Il n’a pas autant de congés que nous et il ne peut donc pas nous accompagner en Corse.

En bon motard parisien, je ne devrais pas avoir peur de rouler dans n’importe quelle ville de France. A vrai dire je me suis toujours dit que Paris était le summum de l’enfer routier. J’ai arrêté de compter depuis longtemps le nombre de fois où j’ai failli me faire renverser. Ou même les fois où mes bottes renforcées ont sauvé mes orteils, parce qu’un gentil conducteur trop pressé avait entrepris de me rouler sur le pied.

Mais voilà, grosse erreur du parisien prétentieux qui s’imagine que tout est plus grand dans la capitale qu’ailleurs. Mon expérience des heures de pointe à Nice a changé ma vision de la vie ! Traverser Nice à 17h30 en moto, chargée avec valises et passagère, c’est une expérience riche d’enseignements sur soi-même et nos semblables… Je flippe beaucoup moins en me tapant la moitié du périph’ deux fois par jour aux heures de pointe, qu’en essayant de remonter une simple file au feu rouge à Nice.

Prochain arrêt : la Corse

Moby Lines

Par miracle, nous arrivons au port sans le moindre accrochage ! Nous avons décidé de faire la traversée de nuit avec la compagnie Moby Lines, qui vient tout juste de (ré)ouvrir sa ligne Nice-Bastia. Son plus grand avantage : elle est pas chère. Mais je ne sais pas vraiment si je pourrais vous conseiller cette compagnie. La traversée est plus longue qu’avec les autres compagnies (environ 2h de plus), et les aménagement sont totalement ringards. Heureusement, les cabines sont confortables.

Demain matin nous poserons donc nos roues à Bastia. Nous ne connaissons absolument rien de la Corse. Nous ne savons pas ce que nous allons y faire, ni où nous allons planter notre tente. Pas de roadbook, pas de programme. Ma mère nous envoie des tonnes de conseils, des photos des pages du guide du routard etc… Mais nous n’avons aucune envie de penser à ça pour l’instant.

Depuis que nous avons décidé d’abandonner tous nos plans pour partir à l’arrache, nous nous laissons porter par la route sans nous imposer la moindre pression. Et c’est vraiment reposant…

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