Ma petite escapade dans le Morvan #1

Pour bien reprendre la moto après deux mois d’arrêt et un bel accident, tu ferais comment toi ? Bah moi vu que j’aime pas trop faire les choses à moitié je me suis organisé une petite virée de 900 bornes! J’ai profité du weekend pour partir découvrir le Morvan et j’ai adoré…


Ca fait 10 jours que j’ai récupéré la moto et je ne sais pas trop quoi en faire. Je la regarde, elle est là, dans le garage à attendre sagement que le temps passe. Et j’hésite. Dans ma tête c’est un peu le bordel. Tout se mélange : l’envie, l’excitation mais surtout la trouille.

Du coup j’ai une idée toute simple pour me remettre dans le bain et visiter des nouveaux coins : je vais me trouver des petites destinations pour des weekends tranquilou, à 2 heures de Paris. Et il y en a une que j’avais envie de me faire depuis longtemps : le MorvanJ’y ai jamais mis les pieds… Alors j’épluche patiemment le site du Routard entre deux coups de fil au boulot, je feuillette un guide des balades à moto dans le métro et mon itinéraire se dessine petit à petit.

On est enfin samedi et c’est l’heure du départ. Je jette ma tente dans le top case, un slip propre et mon duvet dans le sac. Et avanti ! Je baisse la visière et j’enquille les deux heures d’une traite par l’autoroute.

J’ai pas fait exprès mais mon choix d’itinéraire se prête parfaitement à une rééducation tout en douceur… Entre Avallon et le Lac des Settons, les virages arrivent petit à petit. Je découvre les paysages morvandiaux vallonnés, les lacs, et les bosquets à perte de vue. On pourrait difficilement faire plus simple mais je me dis qu’on m’a pas arnaqué, le Morvan c’est vraiment un petit paradis pour motards.

Pourtant, les premières heures de mon petit périple sont un vrai calvaire… Mon casque flambant neuf est tout raide et j’ai la tronche qui me démange. Et je vous parle pas de l’état de mon petit boule qui n’est plus du tout habitué à rester perché sur la selle aussi longtemps !

Mais ça encore c’est pas trop grave. Le pire du pire c’est que le V-Strom refuse de pencher ! Un vrai tréteau. Je sais pas ce qu’il a… il est tout raide, il se passe plus rien. C’est limite chiant…

En voulant aller jeter un œil au Château de Ménessaire, je tombe nez-à-nez avec un panneau racoleur : virages sur 3km. Mais faut savoir que dans le Morvan il n’y a que ça, des virages ! Alors quand les mecs de la DDE te collent un panneau pour t’annoncer 3km de virages c’est que ça doit vraiment être du sérieux !

Et ils n’ont pas menti j’te le dis. Sur cette petite portion il y a presque tous les types de virages : du pif-paf, de la courbe rapide, des petits virages bien traîtres. Et comme on est dans le Morvan il y a bien évidemment le traditionnel tas de gravier au bout d’un virage aveugle. Et la boue laissée par les tracteurs c’est cadeau.

Alors là j’me dis que c’est le spot rêvé pour attaquer la rééducation ! Je me retrousse les manches et je passe encore et encore, en augmentant le rythme et l’angle petit à petit. Je sens bien que le gros v-twin grogne d’envie mais il reste un peu timide malgré tout… 

Le soleil est sur le point de se coucher et il faut que je commence à réfléchir à planter ma tente. Petit problème : tous les campings sont fermés. Bah oui ducon, on est en février non mais allô…

Le Morvan étant un parc régional, le bivouac y est totalement verboten et j’ai pas vraiment envie de jouer. Manquerait plus que je me fasse réveiller en pleine nuit par la maréchaussée… Tant pis, je me dis que je vais bien réussir à trouver un petit chemin pour aller me planquer. Histoire de pas être visible depuis la route au moins. Sauf que tous les chemins dégueulent de boue… Et on sait bien ce que ça a donné la dernière fois que je me suis aventuré en offroad… Je passe donc mon tour pour cette fois.

Alors voilà. La suite tu la devines forcément et je sais bien ce que tu vas te dire : mais qu’est-ce-que c’est que cet aventurier en carton ? Bah ouais quoi, j’me la joue avec ma tente et mon duvet qui va jusqu’à -30° tout ça pour finir à l’hôtel. Et t’aurais carrément raison.

N’empêche que je l’ai aimée ma petite chambre d’hôtel à Autun. Après 7h sur la moto j’avais carrément fusionné avec mon t-shirt. J’empestais comme pas possible et la douche est venue me sauver de l’asphyxie. J’ai quand même un peu regretté de ne pas avoir passé la soirée de galère dans ma tente, à lutter contre le froid en me cassant le dos sur mon petit matelas gonflable. Enfin presque.

Sans une vraie nuit de sommeil je n’aurais pas pu affronter le deuxième jour de ma petite escapade. Parce que c’est le dimanche que les choses sérieuses ont vraiment commencé…

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