Partir, c’est pourrir un pneu

Aujourd’hui, c’était supposé être notre étape « light ». 85 km pour aller d’Aubenas jusqu’aux portes du Vercors. Autant dire que c’était a priori une simple formalité. Mais c’était sans compter sur ma poisse naturelle…

Tout commençait pourtant bien. Vu que Cigalou et moi avons cette infame habitude de nous lever aux aurores, nous décidons de mettre ça à profit pour faire un truc cool : aller prendre le petit déj en haut du col de la Croix de Bauzon. La vue est tout simplement géniale. Rien de mieux qu’une bonne balade de 2h pour bien commencer la journée !

En quittant Cigalou sur les coups de 11h, nous mettons le cap sur le Vercors pour aller y retrouver un autre copain, Loïc. Pour faire les 85km jusqu’à chez lui nous optons pour l’itinéraire le plus basique, parce que vu la balade prévue cet après-midi ça ne sert à rien de faire du zèle.

On est bien. Pile à l’heure, dans les temps et sans se presser. Il fait beau et la route est belle. La petite liaison parfaite en somme… Mais c’était sans compter sur un élément pourtant essentiel : je suis devenu un gros poissard !

Alors que je traverse tranquilou un petit village ardéchois, il se passe un truc pas normal. Le « ploc » caractéristique, le « pshhiiiiii » et le « flapflapflapflap » du pneu arrière sont sans appel. La crevaison est quasi-instantanée. Je m’arrête en moins de 30 mètres et le pneu est déjà plat. Et merde.

Rien à faire, le pneu est éventré. C’est le genre de crevaison impossible à réparer à moins d’avoir un nouveau pneu caché dans le top-case. C’est officiel : la petite liaison tranquilou vient de se transformer en grosse galère…

Je vous épargne les coups de fil à l’assistance, toujours au top, qui me demande si ma moto est une essence ou un diesel (ça vous montre le niveau)… Je réussis tant bien que mal à me faire comprendre mais finalement la dépanneuse est d’une efficacité redoutable : elle sera là en moins de 20 minutes.

Et maintenant… on l’emmène où le V-Strom ? Je fais rapidement le bilan de la situation. Il me faut un nouveau pneu cet après-midi, donc ça veut dire qu’il faut un garage avec du stock, qui a la bonne dimension d’un pneu pas trop naze et qui pourra me le monter en urgence sans rendez-vous. Je sais pas vous mais moi dans ces cas-là, surtout quand je suis à 700km de chez moi, je me tourne vers une grosse chaîne : Dafy.

L’idée me semble plutôt pertinente et sur le coup je suis presque fier. La moto est débarquée devant le Dafy de Montélimar à 13h45. Il ouvre à 14h. C’est nickel. Sur le papier le plan est juste parfait.

A 14h, les portes ouvrent.

– Bonjour monsieur, mon pneu arrière est éventré, j’ai absolument besoin d’un nouveau pneu. Vous pouvez me prendre en urgence ?

– Ah non je suis complet de chez complet, ça va pas être possible. Repassez mercredi prochain.

– Euh… dans une semaine ?

– Oui monsieur.

– Pourtant il y a écrit « sans rendez-vous » au-dessus de votre atelier

– Oui, mais ça c’est quand on n’a pas de rendez-vous sur le planning

Gné ?

Je vous épargne la suite de la discussion totalement absurde. Ca frôle les sommets. Le pire, c’est quand le patron du Dafy Montélimar s’est lancé dans un couplet hyper nostaligique sur la solidarité motarde disparue. Et le pire, c’est qu’il était sérieux et que ça se voyait. A ce moment-là j’ai quand même l’impression de me faire bifler avec une vieille durite bien dégueulasse.

A priori j’ai rien contre Montélimar mais la perspective d’y rester 6 jours en attendant que le garage daigne me monter un pneu qu’il a en stock (entreposé juste devant le comptoir) ne m’enchante pas vraiment. Du coup je ravale mon amour-propre, et je supplie le patron du Dafy de me trouver une solution. Il finit par appeler deux concessions voisines pour leur demander de me dépanner. La première refuse. La seconde accepte.

Le messi est un concessionnaire Suzuki nommé Label Moto, faisant également partie de l’enseigne Moto Axxe.

Sauf qu’il faut que j’emmène la moto… C’est bien à 2km, facile. Avec un pneu éventré et sorti de la jante je vous le donne en mille : c’est juste une galère sans nom. Horrible.

Trempés, dégoulinant de sueur, nous arrivons enfin chez Label Moto. Leur atelier aussi est plein mais ils nous calent entre deux rendez-vous. Au top ! J’ai presque envie de pleurer de joie mais je suis beaucoup trop déshydraté pour ça… Le voyage se fera donc avec Michelin Pilot Road 4 Trail à l’arrière, et le Dunlop Roadsmart III survivant à l’avant. Drôle de mariage… !

Avant de partir, le mécano me tend une pièce en métal et me dit « c’était dans votre pneu ».

Qu’est-ce que c’est que ce truc ? Un plomb d’équilibrage pour voiture. Ouais. J’avais jamais vu un truc pareil… Face à ça mon pneu n’avait absolument aucune chance. Je décide de le garder, comme une sorte de fer à cheval pour repousser la malchance.

Nous arrivons dans le Vercors avec pas loin de 6 heures de retard. Bien décidés à ne pas laisser la journée se limiter à cette galère de pneu, Loïc nous emmène en balade jusqu’au Circq du Comb Laval.

C’est une grande première moi car je n’ai jamais mis les pneus dans le Vercors. Ce n’est qu’un petit aperçu et il faudra que je revienne pour découvrir le reste… Face à tous ces paysages de malade, ma crevaison n’est plus qu’un lointain souvenir. C’est à peine si je m’en souviens encore.

Un énorme merci à Loïc et Sophie pour nous avoir superbement accueilli et montré leur belle région…

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13 commentaires sur “Partir, c’est pourrir un pneu

  1. Ouais, pas cool de la part du patron de chez Daffy, surtout avec le couplet sur la solidarité motarde, d’autant qu’un changement de pneu c’est pas non plus un truc qui prends énormément de temps. Heureusement pour toi que ça s’est bien terminé. Je pars bientôt et je redoute ce genre de mésaventure !!!!!

    1. Tu peux pas prévoir ce genre de choses… En bientôt 15 ans sur la route je n’avais jamais crevé. Pour ma première fois j’ai pas fait semblant !

  2. Ah lala
    Dafy tous les mêmes !! moins ils ont de clients plus ils sont désagrables!
    15 mn pour changer un pneu en urgence et pas de place?

    Je supporte plus cette enseigne :/

    Bonne route en tt cas 🙂

    1. le Dafy à côté de chez moi à Cachan est génial. C’est pour ça que mon premier réflexe a été de me tourner vers l’enseigne… J’aurais pas dû.

  3. Pas sympa le patron de Dafy Montelimard , faut le balancer à tout les motards de la région…….et+ !!
    Il n’a pas eu honte de te laisser partir à la poussette ??

    1. Il a passé des coups de fil et m’a trouvé un créneau en urgence dans une autre concession donc au final ça c’est bien fini. Mais c’était assez bizarre comme attitude de prime abord

  4. Sacrée galère !
    En y pensant bien, ça fait un moment que je n’ai pas vu une grosse enseigne réellement appliquer le « sans rdv » pourtant systématiquement affiché.
    Perso quand je crève, c’est toujours une vis ou un clou, avec une crevaison lente qui permet de rentrer tranquillou. Là, tu n’as pas fait semblant !
    Remarque il valait mieux que cette galère arrive en France qu’une fois plus à l’est. Quoique tu aurais peut-être trouvé plus serviable et plus compréhensif rapidement, va savoir… (Je ne te demande pas de tester en crevant à nouveau une fois là-bas hein x)

    Content de voir que tu as pu reprendre la route et profiter du Vercors, tes photos dégueulassent donnent bien envie 😀
    Une bise à Loïc de ma part si tu es encore avec à ce moment ou si tu l’as au téléphone. Il va vraiment falloir que j’aille dans cette région un de ces jours !

  5. Eh beh on peut pas dire que c’est une petite crevaison de *** celle-ci 🙂
    Tu bat tous mes records !

    Bon et du coup le verdict : tu préfère les Roadsmart où les pilot road sur ta moto ? 🙂

    1. C’est pas le même ressenti. Je vais tester d’autres pneus avant de te dire quel est mon pneu préféré. Mais le PR4 à ma préférence pour l’instant 😉

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