Roule Mapool

Mapool c’est une jeune start-up parisienne qui a décidé d’appliquer le principe du co-voiturage aux 2 roues, et ça donne le co-motorage. Tout s’articule autour d’une appli éponyme (iOS ou Android, pas de jaloux) reprenant tous les codes de ce qu’on connait déjà avec G7, Uber, Chauffeur Privé, etc… Mais c’est de l’inédit pour un service de transport partagé! J’étais donc très très sceptique. Ce n’est pas le côté payant en lui-même qui me gênait, mais l’étiquette de partage collée sur un trajet rémunéré dont la destination a été choisie par le passager… J’y voyais un Uber-Pop à la sauce 2-roues, caché derrière un prétexte communautaire pour ne surtout pas se faire taper sur les doigts!

La start-up bénéficie d’une mise en avant flatteuse par les médias, et par Motoblouz. J’ai lu tout ce qui a été écrit sur Mapool et j’ai même assisté à leur point presse au Salon de la Moto, mais ça n’a pas suffi à me convaincre. Si j’étais le seul à douter c’est qu’il devait me manquer LE truc pour enfin comprendre. J’ai donc contacté Mapool pour trancher la question une bonne fois pour toute.

Le rendez-vous était donné dans leurs locaux, en plein cœur de Paris. J’ai été reçu par Olivier (co-fondateur de Mapool), Tina (responsable développement) et Amina (responsable marketing).10408585_369060246601083_7759802652493298109_n Après les préliminaires, autour d’un café, j’ai joué cartes sur table et leur ai fait part de tous mes doutes. Je voulais avant tout savoir si Mapool est un Uber-like camouflé. Et comme je m’y attendais, ma question a un peu eu l’effet d’une bombe.
La team Mapool m’a patiemment expliqué que leur appli met en relation des conducteurs qui ont un trou dans leur emploi du temps ou qui passent simplement au bon endroit et au bon moment, pour prendre des passagers ayant un besoin précis et ponctuel. L’utilisateur choisit sa destination et paie à l’arrivée, mais la ressemblance avec un moto-taxi s’arrêterait là : Mapool se distingue par sa dimension communautaire bien présente dans le discours de la start-up. Et ça a l’air sincère. Le passager fixe lui-même la somme qu’il donne au conducteur, correspondant à une participation aux coûts du véhicule. Et impossible de détourner le service pour en faire un job à temps plein : les gains annuels sont plafonnés à 3000€.11850035_517847125037618_595039112_n
Le conducteur se connecte lorsqu’il le souhaite, et il peut très bien refuser une demande de trajet. Mapool n’impose aucune activité minimum aux conducteurs, et ne donne aucune instruction. L’idée de partage est donc respectée.

Je leur ai aussi demandé comment les choses se passeraient en cas d’accident, niveau assurances. La réponse était à la fois logique et attendue : Mapool étant une plateforme de mise en relation et non un prestataire de services, le passager est donc couvert par l’assurance du conducteur. Comme tout trajet privé.
Et comment ça se passerait si le conducteur avait un souci avec son permis ou son assurance? Je sais que je cherche toujours la petite bête, mais il faut bien quelqu’un les pose ces questions. Et là, j’ai bien senti que je venais de toucher un point sensible, mais ça a apparemment été longuement réfléchi par Olivier. Ils n’interviendraient pas, laissant les assurances et les fonds de garantie faire leur travail. Logique.
Mais perso, mon premier réflexe serait d’aller demander des comptes à Mapool, et pas sûr que la satisfaction de me voir opposer un raisonnement purement logique soit suffisante dans cette situation…

Côté équipement, j’avais été agréablement surpris de voir que Mapool avait eu la très bonne idée de donner des consignes aux conducteurs afin de garantir un équipement minimum pour les passagers. A un détail près… en conseillant en casque taille M parce que ça va à peu près à tout le monde, il s’agissait d’un gros raté niveau sécurité selon moi.
Olivier m’a expliqué qu’ils ont simplement adopté la même solution que les moto-taxis, parce que la taille M serait la plus répandue et qu’il est matériellement impossible de trimbaler toutes les tailles de casque. J’ai toujours supposé que les moto-taxis rangeaient 2 ou 3 tailles différentes de casque dans les coffres de la Goldwing.
Malheureusement, j’ai déjà vu quelles conséquences dégueulasses dramatiques le port d’un casque d’une taille inadaptée peut avoir en cas d’accident. Bien que le M soit effectivement la taille la plus répandue, je ne suis pas sûr que la vérité statistique soit d’un grand réconfort en cas de séquelles… Pour la majorité des utilisateurs il ne devrait cependant pas y avoir de problème, mais comment faire si on a une grosse tête? Personnellement, j’oscille entre le L et le XL donc il m’est totalement impossible d’enfiler du M. J’admets que c’est sans doute le meilleur compromis et je n’ai pas de meilleure solution à apporter, mais l’idée d’un casque taille A-Peu-Près ne m’enchante pas vraiment.

Mais cette petite entrevue ne m’a pas seulement permis de poser mes trois questions chiantes, j’aurais pu faire comme certains et me cacher derrière un e-mail pour ça.

11817114_465992503574523_1379810898563935635_nPendant 2h j’ai titillé la patience de Mapool et mes questions étaient avant tout un prétexte pour les rencontrer, et voir si leur discours n’était pas qu’une façade. Je n’ai pas vu de faille, et j’en retire une impression générale très positive.
Finalement, c’est au détour d’un sous-entendu que j’ai compris pourquoi je n’avais pas totalement saisi le concept de Mapool. Je regardais les choses au-travers de ma propre pratique du 2-roues, très orientée loisir en solitaire, alors que ce service a été conçu par et pour des personnes qui l’utilisent exclusivement pour son côté pratique. Mapool est construit pour être rapide, facile d’utilisation et pas cher, donc je ne doute pas que la start-up verra ses chiffres exploser dès qu’elle aura réussi à gagner la confiance des utilisateurs.

Le discours de Mapool est très orienté sur le partage et le principe communautaire. Pourtant, dans un futur plus ou moins proche ils devront commencer à prélever une commission sur les trajets ou à se développer autrement, s’ils veulent commencer à gagner de l’argent. Parce que c’est bien là le but de toute entreprise. Et ce sera véritablement à ce moment-là qu’on verra si l’idée communautaire survit, ou si Mapool a des dents…

Si tu aimes, partage !

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