L’obsession du roadtrip

Sauter sur ma moto pour partir en roadtrip est devenu un véritable obsession pour moi, mais je n’ai jamais vraiment pris le temps de vous expliquer ce que ça représente vraiment pour moi.

Déjà, faut savoir qui si j’utilise le mot anglais “roadtrip” c’est pas pour me la péter mais parce qu’il n’existe pas de mot équivalent aussi précis en français. Et puis je fais qu’est-ce que je veux de toute façon. Je fais aussi une énorme différence entre le voyage et le tourisme. Le touriste ne fera que dérouler un plan bien ficelé à l’avance et qui ne verra sans doute que ce qu’il a prévu de voir, au risque de rater énormément de choses. Alors que voyager c’est partir sans autre but que la découverte, en s’accordant une grande part d’improvisation. C’est pour ça que je ne prévois plus rien quand je pars. A part la destination… et encore !

Si vous parcourez mon blog de long en large, vous verrez que les débuts sont un peu… décousus. Ouais on va dire ça comme ça, je reste indulgent avec mes débuts. Ils sont rangés dans un coin et je ne vais pas les virer, mais c’est pas pour autant que j’ai envie d’aller remettre le nez dedans. C’est un peu comme les e-mails de 2008 qui traînent dans les tréfonds de ma boîte mail.

Tout ça pour en venir au fait qu’au début je ne savais pas trop quel motard allait devenir le “Motarologue”. Mon côté motard s’est façonné en même temps que ce blog. Le temps et les rencontres m’ont fait grandir. J’ai commencé à rêver de roadtrip, et puis un jour j’ai osé aller plus loin que le bout de ma rue. Au fur et à mesure c’est devenu ma seule obsession. Aller se faire un barbecue au fin fond de la Pologne et revenir ? Même pas peur. Partir pendant 1 mois pour aller se taper la canicule en Albanie ? De la rigolade !

Mais le plus dur c’est toujours ce foutu premier kilomètre. La veille du départ c’est toujours pareil : j’ai la trouille.  Et peu importe si j’ai saoulé tout mon entourage pendant des mois en leur cassant les oreilles avec mon voyage, la veille du départ je n’ai plus envie de partir. C’est sans doute le stress de sauter dans l’inconnu et de sortir de ma zone de confort. Mais une fois que je suis lancé tout ça s’efface. Le doute et le stress disparaissent et je prends un pied monstrueux.

Je n’ai jamais annulé un roadtrip au dernier moment à cause de ce stress, j’en suis pas là non plus. Mais il faut toujours que je passe l’épreuve de ce foutu premier kilomètre. On a beau vouloir s’en échapper, je crois qu’au fond on aime toutes nos petites habitudes et le confort du quotidien.

Peut-être que ce premier kilomètre symbolise toutes mes angoisses. Je ne suis pas le mec le plus aventurier ni le plus sociable et voyager me force à aller au-delà de ça. Parfois j’y arrive, parfois non. Ça passe par des petites choses mais après chacun de mes voyages je rentre avec une nouvelle petite victoire sur moi-même, qui me donne envie de repartir le plus vite possible.

Si j’en suis venu à prendre mon pied en roulant pendant 10 heures sans m’arrêter c’est parce que je suis devenu totalement accro à la sensation que j’éprouve lorsque je suis enfermé avec moi-même dans mon casque, avec le tapis d’asphalte qui se déroule devant mes pneus. Le monde extérieur et toutes les conneries du quotidien s’effacent. Je focalise mon attention sur une seule et unique chose : la route. Et vu que j’ai tendance à beaucoup trop gamberger, ça me fait un bien fou croyez-moi…

Je pourrais aussi vous parler longuement du pied que je prends à rouler au milieu de paysages magnifiques, et de toutes ces sensations décuplées pour la simple et bonne raison que sans carrosserie en moto on se sent tellement proche de tout. Mais là où je prends le plus mon pied c’est en montagne. Ce n’est pas grâce aux centaines de virage qui transforment une balade en montagne-russe (même si j’adore ça !). Non, là où je prends le plus de plaisir c’est sur les routes panoramiques qui offrent une vue de malade, ou sur une petite route encaissée tout au fond d’une vallée. La montagne me force à l’humilité et me fait sentir minuscule. Et quand on fait 1m90 c’est vraiment pas une sensation habituelle !

En écrivant ces lignes je me rends compte que je dois vivre ça un peu comme une forme de méditation, sauf que ça sonne comme un putain de cliché de merde. J’ai limite vomi dans ma bouche en l’écrivant. Mais tant pis je le dis quand même. “Ouvre tes chakras et frotte tes cales-pied”, ça ferait un mantra plutôt sympa non ?

De toute façon j’ai toujours eu un comportement addictif. Pendant des années c’était la clope, aujourd’hui c’est la route. Et je n’ai aucune idée de ce que ce sera plus tard mais il y aura toujours un truc. Et comme tout accro il faut que j’augmente la dose avec le temps.

Partir plus loin, plus longtemps, plus souvent ? Cent fois oui ! Malheureusement la réalité du quotidien finit toujours par me rattraper et chaque retour à la maison est de plus en plus difficile. Parce que le problème qu’il y a une fois qu’on a ouvert la porte du voyage, c’est qu’elle ne se referme jamais.

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23 commentaires sur “L’obsession du roadtrip

  1. Une très jolie ode au voyage.

    J’ajouterai la convivialité et la générosité des bivouacs à tout cela, mais c’est parce que je ne voyage pas seul contrairement à toi espèce d’ours mal léché. 😉

  2. Ça explique très bien ce que j’ai pu ressentir sur mon premier road trip, et ce que je ressens dès que je fais une balade à moto dès qu’il fait un peu beau ces derniers temps. J’ai envie de prendre ma p’tite CB et partir au bout du monde, du moins partir là où j’ai pas encore été. A moto, l’inconnu à quelque chose d’invitant, de chaleureux. Les gens qu’on croise sont sympathiques, les autres roadtrippers sont adorables. On est seul dans son casque, mais entouré dès qu’on l’enlève.

    Juste la prochaine fois j’aimerais bien voyager accompagné :p

      1. Ca serait avec grand plaisir, mais à moins de prévoir sur un weekend, il faut que je prenne des jours de congés, qui me font défaut depuis le road trip en Suède 😀 ! Mais j’ai prévu de faire un gros road trip l’été prochain, et entre deux visiter un ami à Lyon 🙂

  3. Que tu décris bien ce que je ressens. Je n’en suis pas encore à ton niveau. Je n’ai qu’une petite 125 depuis plus d’un an. le permis oui mais ce sera pour plus tard. Les études des gamins passent avant. Je ne fais que de petits trajets mais chaque fois avant de me lancer, j’ai la trouille. Et dès que je suis lancée, c’est le bonheur. Et c’est dur de rentrer. Pour l’instant je suis très limitée car j’attends mon changement de pneu avant dans quelques jours mais après je sais que ça va me reprendre. Le p’tit crochet en plus. Allez encore un autre. Et un autre. Je regarde la montre car il faut bien rentrer le boulot attend (je suis à mon compte mais il faut assurer quand même) mais je comprends et partage parfaitement ton addiction. Une fois qu’on y a gouté, c’est dur de s’en passer. Et beaucoup plus sain que la clope !

      1. Ben non… justement ! Avec un permis B et la formation de 7h pour les 125 on est limité à l’hexagone. Certes, il y a de beaux paysages, de belles routes mais ça limite !

  4. Wow! J’arriverai jamais a décrire aussi bien ce que tu as écris mais ca me résume pas mal bien aussi.
    C’est intéressant de voir que de l’autre coté de l’océan ca se passe de la même manière.
    Je viens de m’abonner à ton blogue et j’ai hâte de le parcourir à mon retour d’un 2 semaines de roadtrip😏
    On va surement se croiser lorsque mes roues m’ameneront par chez vous 👍

  5. Des récits de roadtrip intéressants, des belles photos, de la réflexion, un zeste d’introspection voilà un blog qu’il est intéressant à suivre… Le seul bémol que je mettrais à tout ça c’est qu’elle est contagieuse votre addiction. C’est à cause de qui que maintenant j’ai envie d’aller en Slovénie??

      1. et si jamais l’envie d’aller poser des roues sur notre beau département de ‘île de la Réunion, tu trouverais l’équivalent du café ristretto corsé italien : En enduro à la Réunion, en 1 journée, tu as l’impression le soir d’avoir traversé 5 pays. La Suisse pour ses montagnes à Cryptomerias, l’Afrique pour sa savane, Dakar pour sa plage, le Brésil pour ses champs de cannes et même… La lune avec la pleine des sables (dans les tracés, hein, pas de conneries !!!)
        Tout ça accompagné par des dallons qui ont plus de Castrol dans le sang que de globules rouges, et qui s’en balancent de ta couleur, ta religion, ton compte en banque, et qui seront là pour t’aider plutôt que te freiner. (bon faut s’impliquer quand même !)

        Life’s short, Ride hard !

        http://www.absalon.fr

  6. « Je fais aussi une énorme différence entre le voyage et le tourisme. »

    Ma définition (elle n’est pas de moi, mais je me l’approprie aujourd’hui), c’est que le voyageur sait quand il part, et le touriste sait quand il revient.
    Et tant qu’il faudra bosser pour mettre de l’essence dans nos trapanelles, il faudra retourner au taf le lundi matin.
    Il reste la retraite, le loto, ou l’héritage (voir un bon mariage, mais ça se discute) pour passer de l’autre coté du miroir.

    Philippe

  7. Super développé du « roadtrip » bravo, j’aime beaucoup ta façon de voir LA chose.
    Perso je suis plus touriste que voyageur, j’aime bien planifier mes roadtrips et pas du style à ne rien prévoir (peut être dû à mon âge avancé 63 piges et 45 ans de roulage moto) de ce fait le camping n’est plus dans mes options de voyage, moi c’est camping mais en châlet/Mobilhome, Airbnb, auberges de jeunesse, hôtels (voilà le pourquoi du « Touriste ») pourtant c’est pas l’envie qui me manquerais de partir à l’aventure comme tu le fait (ce que j’ai fait aussi dans ma jeunesse).
    Le départ ne me pose jamais de problèmes ni de questionnements, moi c’est plutôt le retour et là je deviens désagréable 2 / 3 jours avant car le moral en baisse d’être obligé de revenir à la maison, mais c’est pour mieux repartir quand j’en ai envie (retraite oblige) et rarement seul.
    En tout cas je commence à te suivre dans tes aventures que j’apprécie beaucoup, surtout pour ton phrasé !!
    Alors Good roadtrip à toi et continue à nous régaler avec ce blog.
    Gérard

    1. Dans 35 ans (donc quand j’aurai ton âge) je pense que je prévoirai un peu plus les choses que maintenant ! Chaque période de la vie est différente. Aujourd’hui je suis intenable et affamé de découverte. Avec l’expérience des années on verra, mais ce sera forcément bien même si ce sera différent

  8. Pour moi un road-trip ne se prépare pas (à part la bécane et les fringues que l’on emportera et ce que tu as comme argent pour le réaliser), seule, la destination finale est ton repère. Après tu vis la route en fonction de la météo et de tes coups de cœur. Nous voyageons à deux, chacun de nous est dans sa petite bulle pendant la journée, et le partage se fait lors des arrêts . Des rencontres tu en fais partout, avec ou sans casque, et c’est ce qui pimente tes journées. Quel que soit la distance, tu en prends plein les yeux, et cela te donne cette énergie pour en découvrir encore plus. Une quête sans fin…

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