Le Salon Motorama 2015

Premier salon à m’accueillir en tant que blogueur : le Motorama, qui s’est tenu au Parc des Expositions du Bourget les 10 et 11 octobre. Ce salon est intégré à l’Automedon, qui concerne les voitures anciennes. Pourtant les motos n’étaient pas cachées dans un coin sous le tapis : le Motorama est un véritable salon dans le salon, et l’organisation avait mis à l’honneur les motos ayant remporté le Bol d’Or, Ducati, et les anglaises Triumph, Royal Enfield, Vincent HRD.
Au total, il y avait 150 motos exposées dans le hall, et plus de 1000 motos sur le parking! Le salon a réuni au total 337 exposants et 18 000 visiteurs.

Volontairement, je ne vais pas vous parler des podiums Bol d’Or, Ducati et British. De très nombreux modèles rares et prestigieux étaient exposés. Derrière des barrières. Mais je suis allé au Motorama pour rencontrer des gens qui me parleraient de leur moto.

La matin, j’ai pu réaliser ma première prestation de caméraman/assistant/perchiste pour le gourou de ma nouvelle secte des V-Strom : Cigalou. Le grand, l’unique, le vrai, le barbu, le blogueur de viedemotard.fr. Son article sur le salon : c’est ici.
L’après-midi, mon tour était venu de me lancer. Petit blogueur, premier salon : j’étais tétanisé par le stress. Mais j’ai réussi à surmonter ça et heureusement : j’ai rencontré des gens passionnés et abordables.

A commencer par Fabrice, une encyclopédie à lui tout seul et dont j’ai bu les paroles. Il m’a appris que Montreuil était un des hauts lieux du moto cross de l’après Guerre et jusqu’aux années 60. De tous les domaines de la moto, le cross est sans doute celui dans lequel je suis plus profane.
Difficile d’imaginer qu’il a prospéré là où se trouve aujourd’hui un stade, entouré de grandes tours bétonnées. Les courses se déroulaient dans une carrière désaffectée rassemblant jusqu’à 20 000 spectateurs, et 600 pilotes d’une vingtaine de nationalités différentes appartenant à des écuries officielles de constructeurs. Fabrice organisait aussi des courses de cross, à Beauval en Caux en Normandie. Il m’a aussi parlé du trial des Six Jours d’Ecosse, de courses de dirt dans les déserts américains, …
Ce n’est qu’après le salon, et quelques recherches, que j’ai compris que je parlais à Fabrice Bazire, un grand nom du cross en France… Et ses fameuses courses normandes étaient particulièrement renommées.

20151010_135931_HDR

Je suis aussi tombé sur le Club 750 Turbo (leur site ici), orienté sur un seul modèle : la Kawazaki GPZ 750 Turbo (ou ZX 750 Turbo). C’est une incontournable, un engin classique de chez classique, car elle fait partie des rares motos à avoir été équipées d’un turbo. J’ai eu la chance d’avoir un cours magistral de la part du Président du Club, Stéphane, un mec génial qui m’a fait une présentation aux petits oignons du bolide et c’est toujours un plaisir de parler avec des vrais passionnés. La moto développe 112cv de série, et puisqu’elle a été produite en 84 et 85 elle n’a pas été soumise à la loi des 100 cv. Cette moto a deux visages, façon « Docteur Jekyll et Mister Hyde » selon Stéphane : le turbo se ressent vraiment à partir de 5500tr/m et te met un gros coup de pied au cul, mais avant ça le moteur se montre civilisé et s’adapte parfaitement à de la conduite tranquilou en duo.
La réputation de « cercueil roulant » que cette moto se coltine, à cause de son turbo notamment, serait parfaitement injustifiée selon Stéphane : les évolutions techniques en terme de freinage et de pneumatiques permettraient de maîtriser la bête. Grosse séance de test sur piste à l’appui. C’est typiquement le genre de moto caractéristique des années 80, époque à laquelle on construisait des motos pour rouler : on y mettait des turbos, on gonflait les moteurs, on vantait la rapidité des machines. Ce qui serait totalement inconcevable aujourd’hui…

20151010_153351_HDR

A l’entrée du salon, la société L-AERO, spécialisée dans la peinture chromée par pulvérisation, a installé ses motos rutilantes et… son WC en chrome doré! Je suis déçu que le résultat sur photo ne soit pas fidèle à la réalité, car leur travail est absolument époustouflant. Il ne se limite pas seulement à la peinture, car les deux motos présentes sur leur stand sont des préparations uniques mises au point par leur soin, et en parfait état de marche!
La moto sur la photo est une prépa réalisée par L-AERO il y a quelques années. Le cadre provient d’un GSXR, le moteur aussi mais la partie haute provient d’un 1200 Bandit, la boite de vitesses vient d’un 750 d’endurance. Il y a aussi un embrayage à sec, des arbres à cames Yoshimura, une rampe FCR… De nombreuses pièces ont dû être réusinées et fabriquées pour assembler la bête. La ligne esthétique et la peinture ont évidemment été réalisés par L-AERO. Une moto unique!

20151010_143002_HDR

La Fédération des Bikers de France était aussi présente sur le salon. Par « Bikers », il faut comprendre possesseurs de customs. Ce sont généralement les motards qui personnalisent le plus leur moto, et en l’état actuel de la législation le simple fait de changer un clignotant fait perdre l’homologation d’un véhicule. La FBF milite justement pour obtenir que les motos customisées bénéficient d’une véritable homologation, et puissent rouler librement.
Sur leur stand, il y avait un dragster à deux moteurs, réservé exclusivement à un usage sur piste pour le 400m départ arrêté. On m’a présenté son concepteur : Albert, mécanicien décalé au look de ZZ Top. Il a construit ce bolide en 1973, dans le local à vélo au sous-sol d’une barre HLM de la Courneuve, parfois dans l’obscurité parce qu’on lui coupait l’électricité. Une histoire complètement folle!
Il a participé aux tests de pré-essais au Mans en 1980, et a fait la Une du Parisien grâce au look de sa machine. Son record au 400m départ arrêté est de 8,126 secondes, score assez moyen selon lui mais l’intérêt de ce véhicule tient surtout à sa conception. Le dragster démarre sur le premier moteur, et le second démarre lorsque l’on branche l’antiparasite sur la bougie. Il ne me l’a pas expliqué, mais je suppose que les deux moteurs se synchronisent grâce aux antiparasites, et les bobines doivent agir comme s’il s’agissait d’un moteur bicylindre. Il a commencé à me l’expliquer, mais il est parti au milieu de sa phrase pour aller se rouler une clope. Comme ça. Et je ne l’ai plus jamais revu. Je suis preneur de toute info et correction pour mieux comprendre cet engin.20151010_143649_HDR

Un peu plus loin, il y avait un vendeur professionnel de motos de collections, Gilles de Any Sunday Ride. Il affichait sur son stand « Grâce à nous, faites de vos dimanches des kilomètres de bonheur ». Un peu joueur, et totalement insolent comme à mon habitude, je suis allé le titiller pensant me payer un vendeur de moto du dimanche surfant sur la vague hipster néo-rétro. Et je me suis totalement planté : je suis tombé sur un avignonnais passionné par les motos anciennes, vendeur qui profite à juste titre d’un secteur florissant, et passionné par ce qu’il fait. S’il devait acheter une de ses propres motos? La Yamaha 360 RT, qui lui rappelle les années cross de sa jeunesse. Quant à moi, j’aurais opté pour sa magnifique Honda 500 Four!

20151010_145612_HDR

Les autres photos que j’ai prises au salon sont visibles sur la page Facebook du blog!

Le Motorama 2016 se tiendra les 8 et 9 octobre 2016.

Si tu aimes, partage !

Encore un peu de lecture?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *