Fin de l’essence : mort programmée de la moto ?

Nicolas Hulot vient de l’annoncer : la fin du moteur thermique est belle et bien programmée pour 2040. Finies les énergies fossiles, va falloir passer à l’électrique, à l’hydrogène, ou à je ne sais quelle énergie alternative on pourra avoir d’ici-là. Comme prévu, les premières réactions ulcérées ne se sont pas faites attendre… Mais abandonner l’essence, est-ce une si mauvaise chose que ça ? Est-ce la mort programmée de la moto ?  Je n’en suis pas si sûr.

Je ne me suis jamais considéré comme écolo, mais au fond je dois avouer que je suis sensible à certains discours. J’veux dire, pour moi il y a une vraie logique flagrante quand on me dit qu’il faut enrayer la pollution pour ne pas respirer un air empoisonné. Aussi, je suis convaincu que le réchauffement climatique et ses conséquences vont finir par tous nous tuer si on ne fait rien. C’est pas un complot des chinois hein, c’est une putain de réalité…

Alors oui, j’ai plutôt tendance à être d’accord avec un mec qui voudrait prendre une vraie initiative intelligente, quel que soit sa fonction ou son bord politique. Parce qu’au fond je suis persuadé que vouloir vivre dans un environnement pas trop dégueulasse c’est la base, ce n’est pas la prérogative d’une sensibilité politique particulière. C’est une question d’instinct de survie.

Je sais. Le pétrole et les véhicules particuliers ne sont qu’une partie du problème, et pas forcément la plus grande. Et dans la balance, les deux-roues penchent beaucoup plus du côté « solution » que du côté « problème ». Mais c’est un problème aussi énorme que global qu’il faut bien attaquer par un bout.

Et puis, sérieusement… on nous parle de quelque chose qui entrerait en vigueur dans 23 ans. Vingt-trois putain d’années. J’aurai 50 ans dans 23 ans ! Ça me semble être une éternité. Mais la question que je me pose au fond c’est de savoir s’il restera du pétrole pour tenir jusqu’en 2040 !

L’électricité est seulement aussi propre que le moyen grâce auquel elle est produite. Il y a d’énormes progrès à faire là-dessus et rouler avec des véhicules utilisant une électricité issue des centrales nucléaires n’est pas une meilleure solution. Sans parler de la pollution générée par les batteries au lithium. Mais en 23 ans on a sans doute le temps de trouver une solution… Ce n’est pas parce que nous n’avons pas la solution aujourd’hui que nous ne l’aurons pas demain.

In fine, les réserves mondiales de pétrole vont s’épuiser. Et à moins de découvrir du pétrole sur une autre planète (ce qui réaccélèrerait grandement la conquête spatiale), c’est un fait. Anticiper la disparition du pétrole est la seule attitude pertinente. Faire l’autruche ne sert à rien. L’abandon des moteurs à essence/diesel au profit d’énergies alternatives est la prochaine étape. La transition est d’ailleurs en marche.

On peut rester assis à bouder, regrettant la disparition de ce pan monumental de l’histoire de l’humanité qu’est le moteur à essence. Mais je crois qu’à sa naissance il a aussi eu droit à son lot de critiques, de la part de ceux qui regrettaient l’abandon du cheval comme moyen de transport. Tout comme ceux qui ont regretté l’abandon des carbu pour l’injection.

L’évolution peut effrayer, surtout quand elle est imposée. Mais on parle de 2040. Fixer une date-limite permet de mettre les gens en face de cette réalité : les énergies fossiles vont disparaître, d’une façon ou d’une autre. C’est à la fois très loin et très proche, mais avoir 23 ans pour s’adapter ce n’est pas si violent que ça. Et d’ailleurs je doute que la plupart des véhicules actuellement en circulation puissent véritablement tenir jusque là de toute façon. Et ça aura au moins l’avantage d’envoyer à la casse tous les Scénic… Et rien que pour ça on ne peut vraiment pas être contre.

Malheureusement, la fin de la vente des moteurs à essence entraînera nécessairement la disparition des pompes à essence. Ça veut dire que je ne pourrai pas transmettre mon V-Strom à mes petits-enfants et les regarder rouler avec. C’est peut-être tant mieux pour eux en fait. Mais je leur raconterai tous les lieux fabuleux que j’ai traversés avec, et je leur parlerai aussi des petits écureuils que j’aurai surpris au détour d’une route de forêt avec ma moto électrique hyper silencieuse.

La moto électrique offre une quantité astronomiques de nouvelles opportunités. Je pense surtout aux rando tout-terrain en trail de plus en plus populaires et critiquées qui pourraient certainement se réconcilier avec les promeneurs grâce à la moto électrique. Elle n’est peut-être pas encore tout à fait au point aujourd’hui mais elle a 23 ans pour le devenir. Ca me semble amplement suffisant…

La fin de l’essence est inévitable et je suis presque impatient d’y arriver. Je dois vous avouer que je rêve de pouvoir faire le plein de ma moto en sortant un panneau solaire de mon top case. C’est de la science fiction aujourd’hui mais dans 23 ans qui sait ? La recharge prendra peut-être une éternité mais je m’en foutrai, parce que j’aurai appris à prendre le temps…

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3 commentaires sur “Fin de l’essence : mort programmée de la moto ?

  1. Moi, j’aurais 77 ans et serais, soit plus la, soit toujours en bécane. M’en fous, je mettrais de l’alcool de betterave, de la vodka, du rhum dans mon réservoir, (pas seulement dans mon réservoir ). Mais je roulerais tant que je pourrais.
    D’ailleurs, je prendrais ces crétins au sérieux quand ils parleront d’abord des avions, de ces centaines d’avions qui décollent tout les jours de Roissy, Orly, Blagnac, Notre Dame des landes (nan, je déconne); quand on ne verra plus les chars sur les Champs le 14 Juillet, ni les 22 motards et les 18 voitures qui accompagnent le moindre président, ministre, député, qui s’en va acheter une baguette (juste pour en connaitre le prix).
    Là, peut être que je prendrais ces crevards au sérieux. En attendant, je vais continuer à polluer allègrement cette planète, qui n’en est plus à ça près !!!
    Au fait, si on tiens compte des calculs des futurologues, la France ne produit pas assez d’électricité pour alimenter tous ces futurs véhicules électriques.

  2. J’adore le clin d’œil sur les Scenic 😊. Et dans l’ensemble plutôt d’accord avec toi même si nous ne sommes pas les plus gros pollueurs. Je viens de découvrir ton blog avec cet article, j’aime bien le nom. Je vais en profiter pour faire une petite visite. À bientôt.

  3. Je pense que s’agissant de moto ce n’est pas tant le carburant qui va m’importer que le plaisir que je vais en retirer de rouler avec. Même si dans 23 ans je suis pas certain encore de rouler toujours à moto (ben oui …).
    Les quelques bécanes électriques qu’on nous propose aujourd’hui sont tristes à mourir, prise de courant sur le réservoir, bruit de mixer, merci mais ça va pas être possible.
    J’attends qu’un constructeur prenne le truc au sérieux pour me faire rêver. Parce que je pense que c’est possible de rêver rouler à l’electrique. J’adore le bruit de mon V-Twin dans la campagne mais passer au même endroit sans faire de bruit ça peut être cool aussi. Une autre façon de vivre la route.
    Et il n’y a pas que l’électrique. D’autres sources d’énergie renouvelables et propres sont possibles, si les ingénieurs se remuent un peu les neurones.
    Au final ce qui m’importe vraiment c’est qu’on nous laisse la liberté de rouler à moto, et je préfère encore envisager autre chose que l’essence plutôt que de devoir subir la vignette de la honte et l’interdiction de rouler à Paris que certains nous préparent.

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