Dernière balade Slovène…

Avant de rentrer je m’accorde une dernière balade, histoire de conclure le voyage comme il faut. Je mets le réveil à 5h30 et je pars pour 400km de balade dans la montagne au croisement de la Slovénie, de l’Italie et de l’Autriche.

Je sais pas vous, mais ce que je préfère c’est sortir la moto au petit matin. Rouler au milieu de la campagne encore toute endormie, avec la rosée du matin et une lumière de dingue… En tout cas c’est une des quelques petites choses qu’Anaïs et moi n’avons pas en commun. La perspective d’une balade de 7h au saut du lit ne l’a pas spécialement emballée… Bizarre !

Du coup je m’octroie un petit tête à tête avec le V-Strom, un peu comme l’année dernière quand je suis parti faire le tour du Cap Corse. Ca pourrait devenir un rituel de fin de voyage plutôt sympa…

Et à 6h du matin l’avantage c’est que les endroits les plus touristiques sont généralement déserts. Je commence donc mon petit tour par le lac de Bled. C’est vraiment magnifique. Et même si c’est typiquement le paysage de carte postale, je voulais le voir de mes propres yeux au moins une fois. J’ai le temps d’en profiter rapidement, mais apparemment les Chinois sont aussi matinaux que moi. Les premiers bus arrivent déjà je ne m’attarde donc pas…

Je pars ensuite à l’assaut du Parc du Triglav et de la fameuse route 206. Paraît que c’est un peu le « Stelvio » Slovène, alors il n’en fallait pas plus pour me donner envie d’y aller… Mais là ça se mérite un peu. Entre les pavés dans les épingles et les portions non goudronnées, je ne fais pas trop le mariole. Mais alors la vue en haut… Même avec le temps pourri c’est magnifique !

Tiens d’ailleurs, qu’est-ce que j’ai foutu de mon k-way ? Ah bah je l’ai bien évidemment oublié à Ljubljana… Sinon c’est pas drôle ! Je suis perdu au fin fond de la montagne slovène, en t-shirt + blouson mesh et il commence à flotter. Tout va bien ! Je suis très matinal, mais encore plus tête en l’air.

La descente le long de la vallée de la Soca est absolument stupéfiante. L’eau est translucide… Ca m’avait déjà frappé quand nous avons suivi la Soca, en arrivant en Slovénie au début du voyage. Mais là c’est encore mieux ! Les petits virages qui serpentent le long des petits cours d’eau ça m’a toujours fasciné !

J’attaque ensuite l’ascension du Mangart mais l’averse s’intensifie. Tant pis, je serre les dents et j’avance. Je mène une vraie bataille contre moi-même, parce qu’il faut vraiment être à moitié con pour se taper cette route avec une grosse pluie de montagne sur la tronche et sans être équipé. D’un côté j’ai envie de faire demi-tour parce que je sais que c’est une connerie, mais de l’autre j’ai pas envie de rater ça. Ce serait trop bête d’être venu de si loin pour s’arrêter au pied du Mangart non ?

Alors je grimpe. Je serre les dents parce que je commence à être humide et à avoir de plus en plus froid. Mais je m’accroche.

Et là… le coup de grâce. Tu sais, ce point de non-retour qui te fait lâcher prise totalement. Le même que celui qui te fait jeter l’éponge quand tu fais ton footing, alors que tu t’étais promis depuis des semaines d’aller jusqu’au bout cette fois. Ouais… bah pour moi le coup de grâce ça a été le péage de 5€ pour finir l’ascension !!!

Je suis débile mais pas à ce point ! Payer pour me tremper les miches sur une routes hyper traitre, et pour rien voir du tout une fois arrivé en haut parce que je serai à hauteur des nuages… Non, franchement, ça va mais non merci. Alors je fais demi-tour… Ca me fera une excuse pour revenir tiens.

Quelques kilomètres plus loin je passe le Col du Predil et j’arrive en Italie presque sans m’en apercevoir. Et là, d’un coup, il fait un temps magnifique. Le changement est assez brutal ! Je sèche doucement sous les rayons du soleil alors que je longe le Lac du Predil et le Rio del Lago.

Je repasse brièvement en Slovénie pour mieux en sortir, et je me dirige vers l’Autriche en attaquant le col de Wurzen (Wursenpass). A vrai dire, ce petit col n’a rien d’exceptionnel mais c’est pas tous les jours qu’on peut se taper un côte à 18% alors j’étais un peu curieux…

Ma petite escapade chez les Autrichiens se limite à longer la frontière slovène. Je profite tant que je peux des rayons du soleil parce que je sais qu’une fois que je retournerai de l’autre côté ça ne sera plus pareil.

L’Autriche, à ce qu’on m’a dit c’est un énorme parc d’attractions pour motard. Il y a des tonnes de cols mythiques, dont le Grossglockner pour n’en citer qu’un. Mais je n’ai matériellement pas le temps d’aller jouer… Alors je roule sagement sans dévier de ma petite route, mais je repère. J’examine ce nouvel environnement, les yeux fixés sur l’horizon et ses montagnes, bien déterminé à revenir ici un de ces jours pour y user un peu les flans de mes pneus… Et en plus l’essence y est vraiment pas chère !

Je retourne en Slovénie par le col du Jezerski. Pourquoi par là ? Tout simplement parce que les petits zigzags sur la carte me plaisaient bien… Ce qui s’avère être un excellent choix ! Ce sont les dernières épingles du voyage, la dernière petite route sympa avant de retourner à Paris.

Alors je profite de ces tous derniers moments… Et peut-être que si je me concentre très fort, mon boss va m’appeler pour me dire qu’il me fait cadeau de trois semaines de vacances en plus et comme ça je pourrai rester en Slovénie. Non ? J’ai le droit de rêver non ?…

Si tu aimes, partage !

Encore un peu de lecture?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *