Burn Out, le film

J’ai été invité par La Bécanerie à l’avant-première du film Burn Out. Le film sort le 3 janvier dans les salles et je me suis dit que ce serait un bon exercice pour moi de vous donner mon avis. Alors accroche ta jugulaire et gaaaaaz !

Après avoir vu un film j’essaie souvent de résumer l’histoire en une phrase simple qu’un gamin de 5 ans pourrait comprendre. Une fois synthétisé et simplifié à l’extrême il ne reste plus qu’une seule chose : la colonne vertébrale du scénario. Je pense que la complexité n’est pas toujours synonyme de qualité. J’ai donc passé Burn Out à la moulinette et ça donne ça :

C’est l’histoire d’un mec qui rêve de devenir pilote mais qui se retrouve obligé par des méchants à transporter de la drogue pour sauver son amoureuse.

Et ça s’arrête là, littéralement. La grosse faiblesse de Burn Out c’est son scénario qui tient sur un ticket de métro et chaque « rebondissement » est tellement téléphoné qu’on le voit arriver à 2km. Avec un scénario ainsi résumé vous aurez facilement deviné que le gentil ne peut que gagner face aux méchants, parce que redbull le pouvoir de l’amour donne des ailes. En plus il ne lui dit pas à son amoureuse qu’il veut la sauver, histoire que tu comprennes bien que c’est un bon gars pas intéressé du tout qui fait pas ça pour tirer un coup.

Outre le scénario un peu léger je suppose que Burn Out a cruellement manqué de budget pour les décors. On retrouve fréquemment les mêmes tronçons de route, souvent filmés sous le même angle. Bref, on voit parfois les coutures et Burn Out nous rappelle que tous les films ne sont des grosses productions hollywoodiennes. Faire un film de moto en France a dû être sacrément compliqué et il a sans doute fallu des grosses Burnes, c’est certain. Reconnaissons-lui au moins ça.

Burn Out ne fera pas grimper au rideau les cinéphiles les plus exigeants mais il a quand même beaucoup de qualités qui feront plaisir aux motards. Premièrement il faut dire que la scène d’intro est vraiment bandante. Mettez de côté qu’elle se déroule sur le petit circuit Carole et concentrez-vous sur la façon dont est filmée la moto dans les virages… On a vraiment l’impression d’être collé au bitume, le bandeau d’asphalte déroule à une vitesse folle à quelque centimètres de l’objectif et bordel ça m’a foutu une vraie claque ! L’immersion est totalement réussie et même si ça dure deux minutes je trouve le résultat très très bon. Un court-métrage aurait pu être réalisé uniquement à partir de cette scène et il aurait été très réussi.

Et puis il y a les méchants. Les méchants ont vraiment des gueules de méchant, ils traînent dans des endroits de méchants, ils parlent comme des méchants et ils ont des tatouages de méchant. Burn Out n’invente pas la poudre et reprend une formule déjà bien rodée depuis des années avec Braquo, les Lyonnais etc… Rater ce point aurait été impardonnable mais Burn Out s’en sort très très bien et ça fait toujours autant plaisir !

Burn Out nous montre aussi de la vraie moto qui roule. Alors certes c’est pas du tout de la conduite responsable qui fait plaisir à Chantal Perrichon mais de toute façon on ne va pas au cinéma pour prendre un cours de conduite. Rouler à 300 sur l’autoroute, filer à contre-sens pour semer les flics, ou encore sauter des escaliers en enduro… c’est la définition-même de ce qu’il ne faut absolument pas faire mais avouons que c’est carrément jouissif. On doit le résultat final à l’immense talent du grand Serge Nuques, qui a réalisé toutes les cascades moto du film. Si vous voulez en apprendre plus sur les secrets du tournage, je vous conseille de lire cette interview sur le blog de la Bécanerie.

Enfilez votre casque et foncez voir Burn Out. S’il n’a pas pris de gros risques sur le scénario, le fait de mettre la moto au centre d’un film est déjà en soi un pari extrêmement risqué. J’ai envie de voir Burn Out gagner ce pari et j’ai surtout envie de voir plein d’autres films de moto au cinéma. Pas vous ?

Burn Out, un film de Yann Gozlan Avec François Civil, Manon Azem, Olivier Rabourdin. Au cinéma le 3 Janvier 2018

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