Allemagne+Pologne 2016 : le débriefing

Ce premier roadtrip à moto qui m’a conduit en Allemagne et en Pologne m’a permis de tester mes limites, et de voir si tout mon matos était à la hauteur. Il est maintenant l’heure du debriefing!

Mon état physique
Avant de partir je savais que le rythme hyper soutenu que j’allais m’imposer serait un gros challenge… et 4000km en une semaine c’était effectivement un peu trop. J’avais mal anticipé la fatigue accumulée, et elle s’est manifestée sournoisement dans quelques virages en me faisant prendre des trajectoires dangereuses le dernier jour. C’est aussi pour ça que j’ai mis le point final au voyage dans les Ballons et que je suis rentré à Paris sans détour.
Je pense qu’il ne faut pas réfléchir en kilomètres mais en nombre d’heures passées sur la moto. 5h par jour (hors pauses) c’est déjà beaucoup, surtout si on s’impose ça sur plusieurs jours.

Arrivée du V-Strom au milieu des Mazeratis
Karlovy Vart

L’équipement
Motoblouz s’est associé à mes voyages pour me permettre de tester des équipements de leur marque DXR, et j’ai adoré partir à contre-courant du bourrage de crâne général : il paraîtrait qu’il faut absolument avoir le dernier maxi-trail à 30 000€ et une tenue adventure sortie tout droit des labo de la NASA pour pouvoir voyager à moto… Et sinon quoi? On est moins motard que les autres?
Je suis le premier à reconnaître qu’une tenue KLIM complète à 2000 balles est quasi-indispensable si on veut un équipement capable de résister à un raid apocalyptique à moto, et je me suis acheté des équipements avec des membranes techniques qui deviennent vite indispensables au quotidien (à lire ici)…
Mais… si une veste à 100 euros pouvait largement suffire pour rouler à la fin du printemps sur les routes goudronnées d’Europe? Et si un sac à 30 euros permettait de sangler toutes ses fringues à la moto, sans qu’elles ne prennent la flotte? Alors, oui, je le dis : j’ai été surpris par la veste DXR Meta, le pantalon DXR Relax, et les sacs DXR Over-Sea. Je suis le premier à me faire plaisir en achetant un cuir plus beau que pratique et des gants assortis, mais quand on voyage l’aspect pratique doit devenir le premier critère. Et on peut dénicher quelques surprises chez des marques qui mériteraient d’être plus connues…
Je pense qu’il y a assez peu de mauvais équipements, mais qu’il y a plutôt des usages incohérents et de mauvaises attentes. Vous pouvez lire mon premier article de test pour Motoblouz ici : la veste DXR Meta. Les autres vont venir bientôt.

Le roadbook
Je l’ai déjà dit cent fois : je devais faire ce voyage en avion avant de changer mes plans pour le faire en moto. Donc ce n’est pas un trip « classique » où j’aurais pu me laisser porter par la route, un peu au hasard. Mais à l’avenir je ne planifierai plus de trip de cette façon : les deux derniers jours du voyage j’ai abandonné mon roadbook, et c’était les meilleures journées de moto de la semaine. Je viens de le refaire en abandonnant mon projet de partir dans les Alpes à cause de la météo, pour décider à la dernière minute d’aller chercher le soleil en Corse. Et partir sans rien planifier c’est vraiment cool!
A l’avenir je partirai dans une région donnée, en me renseignant sur tout ce qu’il y a à faire dans le coin, et je me contenterai de prévoir la veille pour le lendemain.

Carte ou GPS?
Il est vital de savoir naviguer avec une carte et il faut toujours en avoir une dans le sac, au cas où on ait une panne, plus de batterie, etc etc. Il faut pratiquer encore et encore, et si on a un minimum le sens de l’orientation tout se passe très bien.
C’était un vrai défi de partir aussi loin uniquement avec une carte, et je suis vraiment content de l’avoir réussi. Mais on peut vite devenir prisonnier de son roadbook, et le moindre écart devient une source de stress quand on ne connait pas les routes.
Au final je vais opter pour un vrai GPS moto, une fois que j’aurai vendu un rein au marché noir…

Une sacrée partie de Tetris avant le roadtrip
Top case chargé

Le packetage
Evidemment, j’ai emmené des choses que je n’ai jamais utilisées et laissé à la maison des choses qui m’aurait été très utiles…
Quelques astuces qui feront la différence :
– ranger les équipements-pluie en haut du sac ou du top-case, pour les avoir immédiatement à portée de main en cas de pépin…
– ne pas oublier d’emmener la Revue Technique de sa moto (en version papier ou sur son téléphone) pour savoir quoi faire en cas de panne.
– glisser dans son sac les indispensables : trousse de premiers secours, lampe torche à dynamo (donc sans piles!), une grosse power bank, une grande bouteille d’eau, et les bons outils.
Je pense qu’il n’y a pas de secret et seule l’expérience du voyage peut aider à optimiser le chargement. Mais quand on n’a pas de tête (comme moi) il n’y a malheureusement aucun remède…!

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8 commentaires sur “Allemagne+Pologne 2016 : le débriefing

  1. Le matelas gonflable décathlon c’est le top 😉
    J’avais un GPS moto mais je l’ai revendu pour revenir à la carte, bien plus flexible ! je me donne juste une adresse de destination et ensuite au feeling, on rate des trucs mais on découvre aussi des beaux coins pas prévus.. Après en grande ville le GPS c’est top.. Je pense que l’idéal serait d’avoir les deux !

    1. Ce que j’attends du GPS moto c’est justement de pouvoir dévier de ma route sans me poser de question parce que je sais qu’il m’indiquera toujours la route, et il peut aussi me faire passer par des petites routes insoupçonnables. Le GPS Tomtom propose un mode « surprise » très sympa à ce qu’il paraît. Après, je suis plutôt du genre à décortiquer les cartes avant de partir donc je ne pars jamais à l’aveugle non plus.
      Il y a un gros + aussi selon moi, c’est d’avoir l’heure d’arrivée prévue. Ca permet de prendre son temps si on peut, ou de revoir ses prétentions à la baisse si on s’est trop emballé… J’en aurais eu besoin pour mon 4ème jour de voyage, parce que j’en voyais pas le bout et j’ai trainé là où il fallait pas, et je me suis speedé sur des tronçons qui auraient mérité que je prenne mon temps.
      Comme tu le dis Dan, l’idéal c’est d’avoir les deux! Et surtout il ne faut pas faire une utilisation aveugle du GPS et de toute les technologies en général

  2. Hello, merci pour ce partage. Je me permets de partager moi aussi mes impressions car je rentre aussi d’un périple identique, qui m’a fait partir par les Alpes et ses grands cols, et rallier la Pologne via les Dolomites, l’Autriche et la Slovaquie. Très bon pour le moral !!
    J’avais opté pour un Garmin montana, très bien sauf qu’il a un peu buggé et j’ai du traverser la Slovaquie et l’Allemagne (au retour) au « jugé ». Qu’importe, et c’était ma faute en fait (trop de cartes chargées). Et je me voyais pas me trimbaler avec 8-9 cartes papier en back-up, donc j’étais prêt à vagabonder en cas de soucis; ce que j’ai donc fait, et c’est aussi bien!
    Sinon, ben oui ça fatigue, mais c’est ce que je voulais car j’avais une envie folle de rouler, et j’enquillais 10h de selle par jour avec 3/4 pauses max (mon auguste arrière train a bien dégusté d’ailleurs), jusqu’au soir où je plantais la tente. C’est d’ailleurs cette tente qui permet d’improviser chaque jour, malgré un itinéraire préparé sur le GPS, pour changer de direction, dire je m’arrête là, ou pas là, … J’aurais voulu faire plus de camping sauvage, mais entre les parc nationaux, la Suisse, et l’Autriche où c’est interdit et j’ai entendu dire que les amendes sont salées… j’ai pas voulu jouer, et puis une douche chaude, je l’avoue, après une journée de roulage sous la flotte… ben c’est pas mal.
    J’avais emporté ma nourriture, pas grand chose, j’ai mangé peu au début, puis quand je m’arrêtais, je voyais parfois des spécialités locales, trop gourmand j’ai cédé. Miam!
    J’ai pris 80% de pluie… pas cool pour les paysages, mais j’en ai quand même bien profité. Je m’y attendais aussi, ça aide!
    Côté équipement, j’ai pris mon blouson cordura (pour l’étanchéité) et mon pantalon du quotidien, 2 paires de gants (trèèès utile pour laisser sécher/dégorger (c’est selon!)) rien d’exceptionnel mais pas trop bas de gamme quand même. En voyage, pour des questions de place je n’utilise pas le pantalon quotidien Cordura/goretex mais un surpantalon de pluie Bering à 40 eur, tout fin et qui s’ouvre jusqu’aux hanches: aucune goutte n’est passée, j’étais carrément bluffé! Klim, tout le monde ne jure que par cette marque, j’ai juste une cagoule pour l’hiver, qui est nulle car c’est un vrai courant d’air, elle s’est planquée au fond du tiroir tellement elle sait que je l’aime pas. Sacoches latérales rigides d’origine et un sac étanche Louis moto à 20eur pour ranger tout ce qu’il faut pour dormir: vues les conditions météo, le test est validé autant pour les sacoches que pour le sac rangé en long à la place du passager !
    Epuisant, ce voyage m’a fait du bien, j’ai adoré malgré ce côté limite sado maso qui correspondait finalement à un besoin d’évasion. En solo, mes ingrédients clés étaient: la bécane, la tête dans le casque, la tente, le duvet chaud, le bouquin, et le calme de la nature pour rouler ou dormir. Le tout en déplacement quasi permanent. Rêve éveillé… Seul le retour a été abrégé en repartant de tchéquie (quelle destination d’ailleurs! un régal, des arrêts potentiels dans chaque village, c’est là que j’ai pris le plus le temps pour faire des pauses et des photos): la journée à 1300 km pour rentrer chez moi, toujours sous la pluie (départ 9h- arrivée 00h30). Le tout sur Aprilia Caponord, 4600 km et aucune panne en une semaine. A refaire, mais sur une rythme plus cool quand même.

    1. Il me semble que j’ai vu passer ton voyage sur le groupe trailistes sur fb! J’avais prévu un itinéraire . semblable au tien pour le mois de juin, avec une boucle retour un peu différente en passant par le sud. On a tout annulé à la dernière minute à cause de la météo, et on est parti en Corse chercher le soleil… Je pense que toi et moi sommes partis à la même période. Tu as été bien plus courageux que nous!

  3. Tous les ans, je me fait un road trip de 15 jours…. La règle de circulation est simple
    , jamais d’autoroute, un minimum de route type Nationnale et un max de route de type départementale avec virages… Je ne connais que la destination finale et vaguement la route, aucune réservations. Chaque soir, je regarde le potentiel des routes pour le lendemain. Car ce que j’ai appris c’est qu’il n’y a pas pire que d’en avoir marre de rouler et d’être à 100 borne de son Hotel ! Donc je suis toujours dans l’impro et ca ce passe bien, vu les moyens techniques que l’on a.
    Ma deuxième règle est de trouver un stop le soir où je puisse tous faire à pied ou en transport. Car quand la moto est posée pour un stop, hors de question de la reprendre !

    1. Tu fais étape dans des villes du coup? Tu optes pour un hébergement en dur la plupart du temps ou pas?
      J’ai du mal à camper quand je voyage seul, et les visites en tout seul ça me gonfle vite aussi… C’est pour ça que je roule comme un bourrin.

  4. Assez sympa comme blog.
    J’ai vu que tu t’étais abonné à notre chaîne Eatzeroad et je t’en remercie !
    Peut être qu’on pourrait se faire un sujet sur le voyage, sa philosophie, ses pièges, les motos qui nous les inspirent ?
    Si cela t’intéresse, préviens nous.

    Merci

    1. Vaste programme 🙂
      On peut en discuter par message si tu veux, fb ou twitter comme tu veux. Hésite pas à m’écrire quand t’as 2 minutes

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