Lac de Serre-Ponçon

Chasse au Soleil #2 : Annecy / Lac de Serre Ponçon

Nous sommes le 5 juin, matin du deuxième jour. La météo nous annonce 10 jours de galère avec pluie et orange pile sur notre parcours. On est tous les trois d’accord sur un point : aller se punir sur des routes détrempées et dangereuses, non merci. Mais maintenant on fait quoi ?

Cap au sud !

Lac d'Annecy

En un claquement de doigt nous abandonnons tous nos projets, malgré des mois de préparation acharnée… Normalement je devrais être complètement paniqué à l’idée de ne pas respecter mes plans à la lettre. Mais là, je ne sais pas pourquoi, je suis tout excité à l’idée de partir à l’arrache. On est donc tous les trois d’accord pour ne pas aller prendre la douche dans les Alpes. Mais on va où exactement maintenant ?

On dégaine nos téléphones pour regarder la météo sur toutes les appli possibles et imaginables. L’idée est de trouver un coin où il va faire beau et y aller, tout simplement. Météo France annonce 2 jours de beau temps vers Gap. Pas besoin d’en dire plus ! Lucas connaît le coin et nous trouve un camping au bord du Lac de Serre-Ponçon en trois clics.

Mais avant de partir il ne faut pas oublier le plus important : ranger nos affaires et surtout replier la tente. Ouais, alors dit comme ça, ça a l’air simple je sais. Autant à la fin du voyage on sera devenu une véritable machine de guerre, redoutable d’efficacité. Mais le premier jour… c’était… comment dire…. le bordel ! Mais ça va où ça déjà ? Ah mais le sac il ferme plus là ! Attends, c’est ta valise ou la mienne celle-là ? Et pourquoi la tente elle rentre pas dans la housse ?

Et puis faire du camping c’est un peu comme bricoler ta moto. Une fois que t’as tout remballé il te reste toujours un truc sur les bras, mais tu ne sais jamais où ça doit aller !

Par la mythique Route Napoléon

Route Napoléon

En partant d’Annecy, nous décidons d’aller jusqu’à Chamonix en enjambant la montagne par les petites routes. L’occasion d’attaquer avec des petits virages gentillets pour nous échauffer. On y va vraiment tranquilou au début. Je prends doucement mes marques avec la moto chargée, et c‘est la première fois que ma copine fait de la moto en montagne. On ne va pas aller gratter les cales-pied tout de suite… 

On prend le temps de s’échauffer gentiment et de retrouver des trajectoires pas trop dégueulasses. Les premières épingles arrivent assez vite (je vous raconte même pas la gueule de ma première trajectoire…), tout comme les premiers panoramas de malade. A ce moment-là je crois encore que ma GoPro filme tout donc je ne m’arrête pas trop pour prendre des photos… C’est seulement lorsqu’on s’arrête à Chamonix pour déjeuner que je comprends que ma caméra est foutue et que je n’aurai donc aucune vidéo du voyage.

Après un savant calcul des temps de trajet estimés, on décide de faire un petit bond par l’autoroute pour attraper le début de la N85 à Grenoble. La fameuse Route Napoléon ! Et la réputation de cette route n’est pas du tout exagérée. Plus tu avances et plus les paysages sont magnifiques. La Route Napoléon n’est pas qu’un enchaînement infernal de virages. Il y a des parties très roulantes et même quelques plateaux, on serait à deux doigts de s’ennuyer si seulement les montagnes n’offraient pas un décor fabuleux.

Mais dès que ça commence à grimper un peu, c’est du bonheur en bar (ouhouh jeu de mot!) pour les pneus !

Premières pannes…

Le fautif

Tout se passait à merveille et on enroulait les virages à la perfection, jusqu’à ce que la moto de Lucas refuse de redémarrer après une petite pause. Une demie-heure à tourner autour de la moto pour comprendre ce qui se passait. On avait même commencé à sortir le manuel, fouillé sur internet… C’était un peu la panique à bord ! Et là, l’air de rien, ce fourbe de Lucas enlève le coupe-circuit d’un petit geste furtif. Ni vu ni connu. Oui, c’est bien ça, cet enfoiré avait oublié le coupe-circuit !!!

J’en profite pour l’insulter copieusement, histoire qu’il n’ait pas le temps d’en placer une pour me dire que j’aurais pu le remarquer avant moi aussi… Comment ça je suis de mauvaise foi ?

Puis vient mon tour, sinon c’est pas drôle ! Je m’aperçois que je n’ai plus de jus dans ma prise 12v. Ça aurait peut-être pu attendre qu’on arrive au lac de Serre-Ponçon, sauf que j’en avais décidé autrement. Je suis un peu têtu quand je m’y mets… Identification rapide de la panne : une cosse du porte-fusible sur la câble de la prise 12v vient de se dessouder. Je fais le pari d’utiliser une technique empruntée à Romano&Fils : je coupe la section de câble où  se trouve le fusible, j’enroule les fils et j’isole avec du scotch US.

J’ai passé les jours suivants à flipper que ma moto prenne feu à cause de cette connerie, mais ça a tenu et je n’ai eu aucun souci jusqu’à ce que je remette un autre porte-fusible un mois plus tard. Si ça marche, ce n’est pas stupide. Ou presque pas.

Vous vous souvenez de mon cale-pied fendu ? Eh bien il se trouve que le seul mec EN FRANCE qui en vendait un sur le CoinCoin passait justement au lac de Serre-Ponçon le soir-même… Ce n’est même plus de la chance à ce niveau-là !

Première nuit au bord du Lac de Serre-Ponçon

Lac de Serre-Ponçon

C’est la première fois de ma vie que je vais dans ce coin-là et je n’ai aucune idée de ce qui m’attend. Fatalement, en arrivant sur le Lac de Serre-Ponçon je prend une grosse claque. Un truc bien violent.

Un énorme orage s’est lancé à nos trousses, et on sait que la fin du trajet va se finir en course contre la montre pour arriver au camping avant de se prendre le déluge sur le bout du museau. Mais il faut absolument que je m’arrête pour admirer la vue, tant pis. L’eau turquoise et le ciel assombri par l’orage qui approche offrent un contraste impressionnant.

Arrivés au camping à Saint-Vincent-Les-Forts, limite les pieds dans l’eau, l’installation de la tente et le déballage des valises est plus efficace que la veille. L’orage qui se rapproche n’est sans doute pas étranger à notre grande rapidité… Et au moment exact où nous enfonçons la dernière sardine, le déluge s’abat sur nous. Et il fait pas semblant du tout. Les orages de montagne sont souvent violents, mais là on en est loin. Celui-ci est carrément dantesque !

L’enfer s’abat sur nous, littéralement ! A tel point que le camping nous propose que l’on dorme gratuitement dans un bungalow cette nuit. Nous n’hésitons pas longtemps…

« Je peux pas, j’ai aqua-moto »

On se prend des sauts d’eau en continu depuis plus d’une demie-heure, sans aucun signe d’accalmie… sauf que j’ai rendez-vous avec le Messie, le vendeur du cale-pied. N’importe quel mec sain d’esprit aurait renoncé à y aller. Sauf que je suis un peu con sur les bords…

Premier défi : sortir de la tente et arriver jusqu’à la moto sans me noyer. Trop facile ! J’enfile ma combi de pluie dans la tente avec une grâce fabuleuse, et en avant. Remonter la route D7 en sortant du camping est déjà un exploit en soi. Elle vient d’être gravillonnée (et pas qu’un peu), ça grimpe sévère, et l’eau s’écoule en créant des mini torrents dans les virages. Le pied… ! Vu que je n’avais aucun réseau au camping, je profite du premier arrêt de bus que je croise pour m’abriter et lancer le GPS.

Me voilà parti pour 25km de route de montagne jusqu’à Savines-le-Lac, à me prendre des seaux d’eau dans la gueule. Et vu que je suis un peu en retard, ce trajet se transforme presque en spéciale… D’autant plus que sans passagère et sans bagages la moto est vraiment plus légère. Je réussis à rattraper mon retard sans me faire la moindre frayeur.

Fin de ma spéciale ! Je franchis la ligne d’arrivée en arrivant à Savines-le-Lac et la pluie s’arrête aussi sec. Les nuages s’éclipsent pour faire place au soleil. Si la route n’était pas détrempée personne ne croirait qu’une tempête venait juste de s’abattre. C’était vraiment un trajet épique, mais je ne peux m’empêcher de penser que la météo s’est vraiment foutu de ma gueule… !

La route du retour est une vraie promenade de santé. Le lac, les montagnes et le coucher de soleil… Je me casse la rétine à chaque virage. Je crois que je suis en train de tomber amoureux de ce coin ! Et juste avant de redescendre la fameuse D7 jusqu’au camping, je me suis retrouvé nez-à-nez avec ça.

Dégueulasse comme vue, hein ?

Saint Vincent les Forges

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2 commentaires sur “Chasse au Soleil #2 : Annecy / Lac de Serre Ponçon

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