Allemagne+Pologne 2016 : étape 3

Quand je quitte Berlin le mercredi matin mes potes sont déjà partis, et en prime j’ai droit à une météo dégueulasse. Gros gros coup de blues sous le casque…

Il me faut beaucoup de temps pour rassembler assez de motivation pour me lancer. Sortir de Berlin n’a rien de compliqué mais en bifurquant après le périph’, je me trompe de direction à cause d’une erreur dans mon road-book. 4ème clic pour le compteur de la perdition.

La frontière entre l’Allemagne et la Pologne se passe aussi facilement que les autres, mais je ne vois aucun panneau annonçant les limitations de vitesse du pays. Et ça pourrait très très vite devenir problématique : en moins de 40km je croise 3 contrôles de vitesse à la jumelle!
Je n’ai pas d’autre choix que de trouver un lièvre local, et de me caler à sa vitesse. Et je fais bien : il y a un radar fixe tous les 20 km environ, et presque autant de jumelles.

Du 2x1 voie interminable

La Pologne a un réseau autoroutier minuscule, et je roule sur la seule route qui traverse le nord du pays donc c’est vite le bordel…  Imaginez une grosse départementale en 2×1 voie, où la circulation ressemble vite à un grand train où personne ne peut se doubler, parce que le trafic est dans le même état dans les deux sens…
Les Polonais ont une conduite bien typique des pays d’Europe de l’Est : ils n’hésitent pas à s’inventer une 3ème file pour doubler, n’importe où, n’importe quand. Et une moto venant en face ne les empêche absolument pas de déboîter. Bah oui, hein, un motard peut se coller au fossé ça passe! Je ne peux pas dire que j’ai frôlé la mort, mais ce passage en Pologne a clairement aidé à muscler mon fessier! On s’habitue assez vite à cette conduite, mais ça demande une attention encore plus forte et c’est très fatiguant. 

Il n’y a pas d’intermédiaire entre ces routes et les petits chemins communaux, et je n’ai pas non plus 3 jours pour faire 400km, donc je prends mon mal en patience…

La route polonaise est chiante à mourir. C’est tout droit. Plat. Tout le temps. Autour de moi il y a des champs à perte de vue et pas le moindre signe d’une route sympa. La moindre courbe, même insignifiante, devient tout de suite un petit festival! De temps en temps je vois un chemin qui part au milieu des bois… mais qui s’arrête toujours 50m plus loin. C’est l’endroit idéal pour faire une pause de 5 minutes, mais pas plus.

Les villages que je traverse sont en mauvais état globalement, et n’ont pas de charme particulier. L’austérité de l’architecture soviétique est encore bien présente. Il doit bien y avoir des petits coins sympa à voir aux fins fonds de la campagne polonaise, mais à mon avis ils sont bien cachés! Je suis déjà au milieu de nulle part et à moins de mettre un grand coup de guidon pour couper à travers champs je ne vois rien de bien excitant à faire.

Au bord des routes polonaisesL’apogée de la journée est sans aucun doute lorsque je me retrouve coincé entre deux camions, avec mon intercom qui ne capte qu’une seule radio… qui passe un remix électro polonais de “Comme un Ouragan” de Stéphanie de Monaco. Je suis incapable de savoir si le plus triste est de reconnaître ce chef-d’oeuvre musical, ou de devoir attendre 15km avant de pouvoir enfin doubler ces foutus camions!

Je roule depuis 5h quand je me rends compte que je n’avance vraiment pas! Je dois faire du 60km/h de moyenne à peine depuis que je suis arrivé en Pologne, alors que je n’ai fait aucun arrêt. Je n’en vois pas le bout et je veux surtout en finir au plus vite.

Quand j’arrive enfin à mon hôtel vers 17h, je file au plus vite pour aller voir mon petit cousin. Je me souviens encore du jour où je l’ai vu pour la première fois, il ne savait même pas encore marcher… Et maintenant il va devenir papa et se marier. Le temps passe vite… Ça m’a fait tellement plaisir de voir mon cousin, sa copine, et mon oncle que toute la frustration de la journée s’est évanouie. Cette soirée valait chaque kilomètre parcouru pour venir.

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